Contre La sansure

Alpha Condé, l’empreinte d’une chance rare

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Il est des hommes dont la destinée dépasse leur personne, et dont la trajectoire se confond avec l’espérance d’un peuple. Le Professeur Alpha Condé appartient à cette race de figures politiques dont l’ombre portée embrasse des générations entières. À l’épreuve du temps, il aura incarné un engagement si constant, une endurance si ferme, que son nom se grave déjà dans le marbre de l’histoire guinéenne.

Durant plus de quarante années d’opposition inflexible, il s’érigea en rempart contre les dérives du pouvoir, refusant tout compromis qui eût pu trahir son idéal. L’exil, les geôles, la surveillance et les campagnes de terrain n’eurent raison ni de sa voix ni de sa conviction. Par ce combat opiniâtre, il fut l’artisan de la première alternance démocratique issue des urnes en 2010, offrant à la Guinée un moment que l’histoire retiendra comme un tournant décisif.

Une fois aux commandes de l’État, Alpha Condé sut donner à la fonction suprême l’allure d’un chantier national. Il engagea la modernisation des infrastructures avec un désenclavement routier inédit, reliant les régions et ouvrant des voies autrefois inaccessibles. Par la construction des barrages de Kaléta et de Souapiti, il libéra la Guinée du joug de la pénurie énergétique, allumant la lumière dans des localités plongées depuis toujours dans l’obscurité, et jetant les bases d’une industrialisation tant attendue.

Il sut également replacer la Guinée dans le concert des nations. Ses voyages, ses discours et ses partenariats stratégiques redonnèrent au pays la dignité diplomatique et la considération économique, négociant des contrats miniers plus avantageux pour l’État et amorçant la transformation locale des ressources. Dans l’éducation et la santé, il fit bâtir écoles, universités et hôpitaux, convaincu que le capital humain demeure la première richesse d’une nation.

Au-delà des frontières, il porta une vision panafricaine intransigeante : celle d’un continent maître de ses ressources, négociant d’égal à égal avec le reste du monde, et refusant de courber l’échine devant les diktats extérieurs.

Or, l’histoire récente de la Guinée enseigne une leçon qui doit graver sa marque dans la conscience collective : nul salut ne viendra d’un régime militaire. Chaque irruption des armes dans la sphère politique a suspendu le cours naturel de la démocratie, étouffé la voix du peuple et retardé l’œuvre de construction nationale. Les militaires peuvent se présenter en sauveurs, mais leur mission première est de défendre les frontières, non de gouverner les âmes et les lois. Céder à la tentation du sabre, c’est hypothéquer l’avenir de plusieurs générations. Il appartient donc au peuple souverain, éclairé par les épreuves passées, de dire une fois pour toutes : plus jamais ça.

On ne saurait ignorer que de tels accomplissements, dans un contexte de contraintes multiformes, exigent plus que de la compétence : ils réclament une volonté ferme, un patriotisme indéfectible et une persévérance hors du commun. C’est pourquoi, au-delà des clivages politiques, l’histoire retiendra que la Guinée, en Alpha Condé, connut une chance rare – celle d’un homme qui, après avoir donné ses années de jeunesse au combat, donna ses années de maturité à la construction.

Et tandis que les vents de l’oubli soufflent toujours sur les rivages des nations, il revient au peuple, héritier de ces réalisations, de se souvenir qu’aucune grande œuvre ne s’érige sans un architecte résolu à bâtir pour l’éternité.

Konate Lancine de la jeunesse du rpg arc en ciel

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