Entre Nous: «Blanchiment des Coups d’Etat»
Le Président de l’Angola, Président sortant de la Conférence des Chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union africaine, Joao Lourenço, a jeté un pavé dans la mare lors du 39è Sommet de l’organisation à Addis-Abeba.
Mais reconnaissons que le blanchiment des coups d’Etat n’a pas commencé avec cette génération de jeunes officiers. Avant la vague des manifestations démocratiques, des militaires ont blanchi le pouvoir. Sur ce registre, on peut citer entre autres le capitaine Blaise Compaoré du Burkina Faso, le général Lassana Condé de la Guinée, le général Gnassibé Edyema du Togo, le Colonel Ahmed Ould Taya de la Mauritanie. Même le Ghanéen John Jerry Rawlings s’est fait élire avant de se retirer, la conscience tranquille d’avoir remis son pays sur pied après deux mandats démocratiques à sa tête.
C’est pourquoi le Lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré est jusque-là cité comme un exemple sur un continent dominé largement à l’époque par la tentation du pouvoir de kaki. Après 14 mois, le Comité transitoire pour la salut du peuple – Ctsp – qu’il présidait, ATT a transmis le pouvoir Alpha Oumar Konaré, qui a obtenu la confiance de la majorité de ses concitoyens. Tout comme le reggaeman Tiken Jah Fakoly, la cantatrice Djénéba Seck a salué à travers «Kankélétiguiya » celui qui «respecte la parole donnée ». Dans une interview publiée en juillet 2009 par l’hebdomadaire Jeune Afrique, l’homme du 26 mars 1991 s’est défini lui-même comme « un ancien putschiste » qui se garderait volontiers de faire la leçon à qui que ce soit. À la question de Marwane Ben Yahmed qui lui dit avoir l’impression que, pour ATT, il existe de bons et de mauvais coups d’Etat, ce dernier a répondu : « Vous m’avez mal compris : tous les coups d’Etat sont mauvais. Quelles que soient les raisons qui les ont provoqués, ils sont la conséquence d’un échec des politiques. De tous les politiques, dirigeants comme, parfois, opposants ».
Le « blanchiment de coups d’Etat » que dénonce le président Joao Lourenço interpelle les leaders africains àêtre exemplaires dans la gouvernance sur tous les plans mais, aussi, les organisations régionales ou sous régionales à interroger leurs mécanismes internes de fonctionnement.
Chiaka Doumbia
Source: https://www.maliweb.net/

