Contre La sansure

Le Barrage de Fomi: Potentiel pour Un Projet d’Intérêt Commun

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Cet article explique comment le projet de barrage de Fomi, qui a récemment regagné le monumentum, marque une grande opportunité d’intégrer l’approche Nexus dans le processus de planification comme un outil d’aide à la décision.

Situé en Haute Guinée, à la tête du bassin du Niger et dans une zone aride affectée par le changement climatique et l’insécurité, la construction du barrage de Fomi poserait à la fois de nombreux risques et défis ainsi que des opportunités de développement, non seulement au niveau local mais également au niveau régional.

L’Autorité du Bassin du Niger a donc identifié le barrage de Fomi comme un projet important et impactant pour l’ensemble de la région, qui est également inclus dans le Plan d’action pour le développement durable de l’Autorité du bassin du Niger. S’efforçant de concilier les besoins et les objectifs nationaux avec l’intérêt régional commun de la durabilité environnementale et de la protection des ressources naturelles, l’approche WEF Nexus encourage la coopération régionale, le partage des coûts et des avantages et le respect des principes d’efficacité et de priorité. Reste à voir si la Guinée transformera un projet national en un projet d’intérêt commun.

Introduction

Un barrage en tête de bassin engendre enjeux de toute sorte. Dans le Sahel, une des zones les plus arides du monde, et affectée par les changements climatiques et le conflit armé, les enjeux sont davantage significatifs. Mais quelles sont les opportunités et les risques d’un tel projet ? Que pourrait une approche Nexus apporter dans l’aide à la prise de décision ?

Le projet de barrage

Situé dans la haute Guinée, le site du barrage de Fomi sur le fleuve Niandan, à 30 km en amont de sa confluence avec le Niger, avait déjà été identifié dans les années 1940, période où un petit barrage y était construit. Entre les années 1950 et 2013,il y eut plusieurs tentatives de démarrage de la construction d’un plus grand barrage et de multiples études de faisabilité (financière, environnementale et technique) du projet ont été effectuées. La priorité politique donnée au projet sous le mandat du Président Guinéen Alpha Condé a reporté le sujet au centre de l’agenda politique en Guinée, et par conséquence aussi au Mali et dans le reste du bassin du Niger, vue l’ampleur du projet et les possibles impacts en aval. Depuis 2014, et dans le cadre du « Projet de Développement des Ressources en Eau et de Gestion Durable des Écosystèmes » (PDREGDE) financé par la Banque Mondiale, le projet semble avoir repris son élance, avec notamment l’appel à réévaluer les possibles impacts environnementaux et sociaux (1). La construction du barrage pourrait alors démarrer très bientôt, suivant le financement disponible. Mais la question clé demeure : quel projet ? Avec quels objectifs?

Un projet national

Au niveau national, l’un des premiers intérêts du projet est de fournir les marchés et les industries minières de la région en énergie (2). C’est alors dans l’optique du grand potentiel de production hydroélectrique que le projet avait été conçu par la Guinée. D’un cout estimé à 250 millions d’euro, le barrage de Fomi pourrait avoir une puissance d’environ 100MW et pourrait fournir 374 GW/h, ce qui représente 3% des besoins totaux nationaux estimés pour 2030 (3).

En plus, le réservoir d’eau résultant du barrage pourrait irriguer environ 100 000 ha de terres agricoles en Guinée et fournir un lieu de pêche et de pisciculture (4). Les populations à déplacer sont estimées à plus de 45 000 (5–7), raison, entre autres, pour laquelle un nouveau site possible semble maintenant bénéficier de la préférence des maitres d’ouvrage : 15km en amont, les populations à déplacer seraient seulement 5.000.

Par Luca Ferrini et Lucia Benavides.

Source: https://www.water-energy-food.org/

 

 

 

 

 

 

 

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