Sénégal : Divorce au sommet entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko
Ce samedi 7 mars, le président sénégalais a décidé de s’affranchir de son bouillant chef du gouvernement afin d’avoir l’appareil politique qui le conduira à un second mandat en 2029 : Une rupture déjà consommée qui conduira à la scission du PASTEF qui les avait hissés au pouvoir
Arrivé aux affaires après avoir été désigné par Ousmane Sonko qui était le candidat initial, Bassirou Diomaye Faye n’aura pas connu un début de mandat paisible. Il a passé tous ces derniers temps à se voir dicter sa conduite dans la marche des affaires en prônant la rupture. Autrement dit, aller dans le sens de la souveraineté nationale retrouvée que vend l’AES.
Le choc frontal des leaders est désormais activé avec Aminata Touré à la manœuvre. En donnant sa bénédiction à une assemblée constitutive notamment à MIMI, l’ex première ministre, le président Faye construit ainsi sa propre base politique distincte de celle du mentor Ousmane Sonko. Une rupture qui indique qu’il marchera désormais sous ses propres couleurs au lieu de celles du PASTEF, le parti au pouvoir où ils ont milité des années durant.
Avec le ralliement annoncé de 298 maires, la coalition Diomaye Président s’annonce avec une solide implantation du numéro 1 sénégalais, qui ne dépend plus du seul PASTEF d’Ousmane Sonko. En tout état de cause, cet embryon du mouvement dédié au second mandat sonne sans doute dans le camp Sonko comme l’avènement d’un contrepoids destiné à réduire l’influence du Premier ministre. La Cohabitation au sein de l’exécutif a atteint ainsi une limite structurelle, et pour cause. En affichant ses intentions pour un second mandat, FAYE sort de la posture d’un président par défaut et entend exister par lui-même en consolidant sa propre classe politique avec des alliés comme Mimi Touré, qui devient de facto la bête noire d’Ousmane Sonko. Avec ce tournant majeur dans l’ancien tandem ayant eu raison de Macky Sall, la scène politique sénégalaise est partie pour une reconfiguration de grande envergure.
Un contrepied qui intervient au lendemain d’une énième brouille où le chef du gouvernement critiquait son employeur en lui reprochant de ne pas observer les lignes de rupture à suivre. Il a même menacé de quitter le gouvernement et le PASTEF, de rejoindre l’opposition et de mettre Bassirou Diomaye Faye en minorité. Sauf que l’élève a pleinement dépassé le maître, manœuvre à la perfection et ressasse à l’envi son appartenance au parti présidentiel.
En attendant donc, la grande finale de 2029 qui verra s’affronter ceux qui ont eu raison d’un Macky Sall actuellement occupé par la conquête des Nations-Unies.
I. KEÏTA
Le TEMOIN
Source: https://www.maliweb.net/
