Au Burkina Faso, dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes, le gouvernement prévoit cette année, le recrutement et la formation de 100;000 réservistes. Un projet d’envergure, porté par l’impératif sécuritaire, mais qui pose aussi d’importants défis logistiques.
Ces 100.000 réservistes doivent ainsi renforcer les capacités de défense du pays en cas de besoin. L’avant-projet de loi en ce sens a été adopté en Conseil des ministres vendredi dernier (28.04).
Selon le texte, cette réserve de 100.000 personnes sera composé de personnels disposant déjà d’une expérience militaire, immédiatement mobilisables et de citoyens appelés à être formés.
Différents modèles pour recruter
Ces réservistes pourraient appuyer les 12.000 hommes que compte l’armée burkinabè.
Une ambition qui nécessitera d’importants moyens, selon Crépin Zanzé, spécialiste des questions de sécurité et de défense. Il note que « former 100.000 personnes exige des centres d’instruction, des encadreurs compétents, des équipements, des moyens logistiques, des budgets durables et aussi une administration qui soit capable de suivre tout ça. Il est donc probable que ce chiffre, à mon sens, réponde à un objectif à la fois politique et puis à un horizon progressif. Les autorités savent certainement que c’est peut-être difficile, mais en sécurité, annoncer un nombre est simple, construire une capacité réelle est beaucoup plus exigeant ».
Selon le texte, tous les citoyens en âge de combattre ou de contribuer lors d’une crise humanitaire sont concernés.
Pour l’expert, deux approches sont envisageables. Crepin Zanzé estime qu’il y a « le volontariat, bien sûr, pour ceux qui pensent qu’ils peuvent être d’une utilité. Et la circonscription pour ceux qu’on va identifier du fait de leur professionnalisme, du fait de leurs qualifications, que ce soient des maçons, dans la santé, la mécanique, la conduite ou les télécommunications. Le modèle le plus efficace en général dans ce genre de situation, c’est le modèle mixte ».
80.000 VDP
Dans la capitale Ouagadougou, le projet du gouvernement est globalement bien accueilli, mais suscite quelques réserves. Pour cette habitante, « du moment que nous avons déjà les VDP qui font ce travail de volontariat je ne vois pas ce que ces nouvelles recrues vont faire ce que nos VDP ne font pas ».
Un autre habitant pense que « dans les grands pays, dans les grandes puissances il y a toujours des réservistes. Si le Burkina emboîte le pas ce n’est pas mauvais. Je serais prêt pour être engagé mais moi à mon âge ce n’est plus possible ».
Cette future réserve de 100.000 hommes viendrait ainsi renforcer un dispositif déjà composé de militaires, de forces de sécurité et de près de 80.000 VDP, les Volontaires pour la défense de la patrie.
Gildas Da

