Arcane politique : Le « Quartier général de la doctrine de l’Assimisme » porté sur les fonts baptismaux
Dans un contexte national marqué par la dissolution de tous les partis et associations à caractère politique, certains Maliens ont informé l’opinion de la mise en place progressive des instruments devant conduire à l’installation officielle d’une plateforme politique dénommée « Doctrine de l’Assimisme », dérivée du nom du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta.
Cette initiative est notamment marquée par l’installation de son Quartier général (QG), acte considéré comme le démarrage officiel de ses activités.
Selon ses initiateurs, « le QG de la doctrine de l’Assimisme ne s’inscrit pas dans une logique partisane classique. Il se veut plutôt un cadre de réflexion et de rassemblement d’acteurs ayant, par le passé, animé la vie politique nationale, et qui entendent aujourd’hui contribuer à la dynamique de changement et de refondation du système politique malien ».
Et d’expliquer : « Ces acteurs, pour la plupart, ont pris part aux concertations nationales, aux Assises nationales de la refondation (ANR) ainsi qu’au Dialogue inter-malien, lesquels ont débouché sur des positions fortes, notamment en faveur de la dissolution des partis et associations politiques. L’objectif affiché est de participer à la construction d’une nouvelle classe politique, jugée plus vertueuse, responsable et capable de promouvoir une démocratie souveraine, au service exclusif du peuple. Dans cette perspective, le QG de l’Assimisme ambitionne de créer les conditions propices à la réflexion et à la préparation des réformes politiques annoncées par les autorités de la Transition, notamment l’élaboration d’une nouvelle charte des partis politiques et des textes législatifs y afférents ».
Aussi, soutiennent ces responsables, « durant cette phase, la structure entend jouer plusieurs rôles, notamment celui de cadre de formation citoyenne, d’espace de sensibilisation civique et politique, de lieu de mobilisation des forces vives et d’outil d’accompagnement des grandes réformes engagées pour la refondation de l’État ».
Au-delà du cadre national, les promoteurs de l’Assimisme inscrivent leur démarche dans une dynamique régionale et panafricaine. « Cette doctrine pourrait constituer un instrument de cohésion au sein de l’espace AES, en contribuant à l’harmonisation des orientations politiques, au renforcement de la solidarité entre États et à la construction d’une identité idéologique commune face aux défis sécuritaires, économiques et de gouvernance », estiment-ils.
Et de révéler : « La doctrine de l’Assimisme pourrait servir de levier stratégique pour renforcer la résilience des États face aux pressions extérieures, tout en favorisant la mobilisation collective des populations autour d’un projet commun. À plus long terme, elle ambitionne de s’étendre à d’autres pays africains et de nourrir le débat intellectuel continental, dans une perspective panafricaine moderne ».
Par ailleurs, « présentée comme une boussole idéologique, un outil de gouvernance et un levier de souveraineté, la doctrine de l’Assimisme se veut un cadre structurant pour accompagner les transformations en cours au Mali et au-delà ». Les initiateurs concluent en appelant « à l’adhésion autour de ce projet », qu’ils présentent comme porteur d’une nouvelle culture politique fondée sur l’éthique, la dignité nationale et le service du bien commun.
Selon l’internaute Addoul Karim Dramé, sur sa page Meta, « le lancement du processus d’opérationnalisation du Quartier général de la doctrine de l’Assimisme marque une étape décisive dans l’histoire politique du Mali ».
Et d’analyser : « Cette doctrine n’est plus seulement une gestion de la transition, mais l’affirmation d’une pensée d’État structurée autour de la rupture avec le passé et du cap sur 2027, année au cours de laquelle certaines indiscrétions annoncent la tenue des premières élections présidentielles depuis la chute du régime du feu président Ibrahim Boubacar Keïta ». En tout état de cause, les Maliens font preuve d’une grande créativité politique : après le « Choguelisme », voici désormais « l’Assimisme ». Une interrogation demeure toutefois chez de nombreux observateurs : le président Assimi Goïta est-il informé de cette initiative ?
Affaire à suivre.
Siaka DIAMOUTENE / Maliweb.net
