Législatives 2026 en Guinée : pourquoi la GMD ne peut pas présenter de candidats à la proportionnelle…
À l’approche des élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026, la Direction générale des élections (DGE) a rendu publique la liste des 89 partis politiques habilités à présenter des candidats. Une absence notable retient l’attention : celle de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), mouvement politique soutenant le président Mamadi Doumbouya.
Ce détail, en apparence administratif, a pourtant des implications majeures sur la participation de la mouvance présidentielle aux législatives. Contrairement aux partis politiques légalement constitués, la GMD, en tant que mouvement, ne remplit pas les conditions requises pour présenter des candidats sur la liste nationale à la représentation proportionnelle.
La nouvelle architecture juridique issue de la Constitution consacre pourtant l’ouverture du jeu électoral aux candidatures indépendantes pour l’ensemble des scrutins, notamment la présidentielle, les législatives et les communales. Toutefois, cette ouverture connaît des limites en ce qui concerne les législatives, en raison de la coexistence de deux modes de scrutin aux exigences distinctes.
Dans les circonscriptions électorales, les candidatures indépendantes sont admises dans le cadre du scrutin uninominal ou plurinominal. En revanche, pour le scrutin de liste nationale à la représentation proportionnelle, la loi est sans équivoque : seuls les partis politiques légalement constitués peuvent présenter des listes.
L’article 103 de la Constitution précise que tout candidat à l’Assemblée nationale doit être soit investi par un parti politique en conformité avec les lois en vigueur, soit se présenter comme indépendant, sous réserve du respect des conditions de parrainage. Mais cette possibilité ne s’applique pas uniformément à tous les modes de scrutin.
Plus explicite encore, l’article 105 stipule que « seuls les partis politiques […] présentent les candidats au scrutin de liste nationale à la représentation proportionnelle ». Une disposition qui exclut de facto la GMD de cette composante du scrutin législatif.
La future Assemblée nationale comptera 147 députés, dont un tiers, soit 49 sièges, sera pourvu à la proportionnelle sur une liste nationale. Les 98 autres députés seront élus au niveau des circonscriptions.
Conséquence directe : la mouvance présidentielle ne pourra concourir qu’au niveau local, à travers des candidatures indépendantes dans les différentes circonscriptions. Elle est ainsi privée d’un levier stratégique majeur que constitue la liste nationale proportionnelle.
Abdoul Malick DIALLO

