
Le 12 avril prochain, les électeurs devront décider du visage que prendra la Marina pour les sept prochaines années.
D’un côté, le duo de la continuité, porté par l’architecte de l’économie béninoise, Romuald Wadagni. De l’autre, un ticket qui se veut le porte-voix de la fibre sociale et de la dissidence, incarné par Paul Hounkpè.
Romuald Wadagni, le candidat de la continuité
Deux duos, deux visions et deux trajectoires que tout oppose. À 49 ans, Romuald Wadagni est l’homme de la rigueur, celui qui murmure à l’oreille des marchés financiers.
Ministre de l’Économie inamovible depuis 2016, il est le dauphin désigné de Patrice Talon, choisi pour graver dans le marbre l’œuvre du « Nouveau Départ ». Mais son défi aujourd’hui est de prouver qu’il est plus qu’un technicien des chiffres.
« Tant qu’il reste un Béninois qui n’a pas encore senti le fruit de la croissance dans son ménage, c’est qu’il reste du travail à faire… »
À ses côtés, l’expérience politique de Mariam Chabi Talata, première femme vice-présidente du pays, apporte la caution sociale à ce ticket. Leur mission : convaincre que la solidité budgétaire est le seul chemin vers la prospérité partagée.
Pour Romuald Wadagni : « Le principal défi étant l’extrême pauvreté, la question était : comment concentrer, orienter l’action publique pour qu’elle soit au plus proche de la population ? Comment faire pour que la prospérité arrive le plus vite possible dans chacun des foyers ? »

Paul Hounkpè, entre contestation et légitimité
Face à cette machine de guerre, Paul Hounkpè joue une partition complexe. Ancien proche de Boni Yayi, il a rompu les bancs pour porter la bannière de la FCBE.
Pour ses partisans, il est le seul rempart crédible ; pour ses détracteurs, il n’est qu’une caution démocratique dans un scrutin verrouillé. Une critique dont le candidat s’amuse, pointant du doigt la nervosité du camp d’en face.
« Tant que le peuple ne s’est pas prononcé, on ne peut pas dire qu’on connaît l’issue du scrutin ; donc c’est extrêmement grave de le dire. Et si ceux qui le disent sont dans l’autre camp, c’est qu’ils comptent sur la manipulation des résultats. »
Allié à Rock Judicaël Hounwanou, Paul Hounkpè se veut le porte-voix des « laissés-pour-compte ». Là où Wadagni vante le PIB et les infrastructures, Hounkpè rétorque solidarité et redistribution : « Nous, nous sommes de la social-démocratie. Nous ne sommes pas dans l’aristocratie, nous ne sommes pas dans la bourgeoisie. Nous voulons que le Bénin soit un pays de solidarité, où le partage du fruit de notre labeur permet à chacun d’espérer. »
Un scrutin aux enjeux de gouvernance
Le contraste va plus loin. Wadagni bénéficie d’une logistique millimétrée, tandis que Hounkpè doit manœuvrer dans une opposition morcelée par la neutralité du parti Les Démocrates.
Le 12 avril, les Béninois ne choisiront pas seulement un duo, mais une méthode de gouvernance pour les sept prochaines années.
