Charles Wright Procureur de la CRIEF : entre espoir anticorruption et risque pour la crise de liquidités en Guinée (Par Mohamed Lamine Camara Molac)
La nomination d’Alphonse Charles Wright comme procureur spécial de la CRIEF, alliée à son discours implacable contre la corruption, oscille entre promesse et péril au cœur de la crise de liquidités guinéenne. Analyste aguerri, Wright, ancien procureur général, ministre de la Justice et président de la Cour d’appel de Conakry, s’engage à frapper sans distinction : ministres, magistrats, douaniers… Personne n’échappera.
Un vent d’espoir et de renouveau
Ce discours musclé renforce la légitimité de la CRIEF. Avec un « numéro vert » pour les dénonciations et la révision des dossiers classés, il vise à récupérer les fonds détournés des douanes, du budget et des marchés publics. Résultat espéré : une circulation relancée des liquidités, une confiance restaurée chez les banques et investisseurs, et un retour de l’épargne dans le circuit formel. Wright mène par l’exemple en déposant sa propre déclaration de biens : « La loi est plus forte que tous. » Un signal fort contre l’impunité, qui pourrait apaiser la crise en moralisant les flux publics.
Les ombres au tableau : risques et tensions.
Mais gare aux revers ! Ce ton sans concession risque des oppositions politiques féroces, surtout si des proches du pouvoir (douanes, finances) sont visés. La CRIEF pourrait alors passer pour un outil de règlement de comptes, érodant sa crédibilité. Wright pointe du doigt la corruption dans la justice elle-même – « le mal est d’abord dans sa propre maison » –, ce qui menace des blocages, retards ou sabotages judiciaires. Pire, une surpolitisation pourrait effrayer les citoyens, les poussant à thésauriser hors banques par crainte d’une répression vue comme partisane.
Lien direct avec la crise de liquidités
Cette pénurie naît de détournements massifs, de retraits hors circuit et d’un manque de confiance viscéral et la crainte en lien avec la CRIEF et la CINTIF, on parle désormais de phénomène que l’on appelle « théorisation » des épargnants. Le discours de Wright cible ces racines : réexamen des affaires douanières, récupération de recettes fiscales…. ainsi le succès sera au rendez-vous, et l’État respirera, les banques se rempliront, la confiance reviendra. Pourtant, il contredit le Premier ministre ayant communiqué sur les craintes de la CRIEF et de la CINTIF au nom du Président Mamadi Doumbouya. Si ce discours du PM voit ces institutions comme aggravant la crise via la crainte quelles dégagent aux yeux des agents économiques, alors celui de Wright dès le court terme entrainera la pression sur opérateurs et les banques, ce qui pourrait même accentuer la pénurie par méfiance excessive.
Dès lors, il en ressort de cette analyse globale, un défi stratégique face à la crise persistante en Guinée actuellement :
Ceci dit, Wright est un levier puissant contre les causes profondes de la crise (corruption, mauvaise gestion). Mais sans vigilance, les résistances politiques et la surpolitisation pourraient freiner l’impact immédiat sur les liquidités. Un pari audacieux pour la Guinée.
D’où les recommandations ci-dessous pour les décideurs :
À court terme : Protéger les flux via un moratoire sélectif sur les enquêtes douanières ; communiquer une « feuille de route équilibrée »
CRIEF-BCRG-TRESOR PUBLIC.
À moyen terme : Réformer la justice en parallèle (recrutements anti-corruption) pour éviter les blocages.
Indicateur clé : Suivre les dépôts bancaires post-discours ; si -10%, ajuster
NB : Wright attaque les racines, mais sans garde-fous, il creuse le trou des liquidités. L’État devrait donc agir vite pour transformer le risque en opportunité.
Dit-on souvent, que la meilleure façon d’aider nos autorités est de commencer dès maintenant à travailler et à les proposer des solutions.
À bon entendeur salut.
Mohamed Lamine Camara Mola
Source: https://www.lerevelateur224.com/
