DGE : SABOTAGE EN COURS, SILENCE AU SOMMET « Mamadi face Zénab : couvrir ou corriger ? »
Il fallait une performance exceptionnelle pour tuer une élection avant même l’ouverture des urnes. La Direction Générale des Élections l’a fait, sans hésiter, sans correction et surtout sans conséquence… pour l’instant.
Car ce qui se déroule sous nos yeux dépasse la simple incompétence. C’est un sabotage pur et simple du processus électoral et de la parole même du chef de la transition.
Tout commence par une date mal ficelée, imposée avec une légèreté telle qu’elle oblige le chef de la junte à se renier publiquement. Un pouvoir contraint de corriger son propre organe technique. Une humiliation silencieuse, mais une humiliation quand même.
Puis vient l’irréparable. Un candidat validé sur deux listes différentes. Deux partis, deux engagements et une seule autorité pour avaliser cette absurdité : la DGE.
Ce n’est pas une erreur ni un oubli. C’est une disqualification. Car à ce niveau, une institution sérieuse ne se trompe pas, elle vérifie, croise et sécurise. Ici, elle expose. Alors la question n’est plus technique. Elle devient politique, brutale et surtout inévitable :
« Que vaut encore la parole d’un pouvoir qui laisse une telle machine décrédibiliser son propre processus électoral ? » Et surtout : « Jusqu’à quand Mamadi Doumbouya peut-il tolérer qu’une structure administrative sabote, en pleine lumière, le semblant crédibilité de sa gouvernance difficilement acquis ? »
La DGE, dans sa forme actuelle, n’est plus un outil. Elle est devenue un risque pour la crédibilité du scrutin, la stabilité politique et l’image même de l’autorité qui l’a mise en place. Et au centre de ce naufrage, un nom : Zénab Camara.
Un nom qui n’est pas une surprise, un parcours qui n’est pas vierge. En 2007 déjà, avec le CNJ, ce n’était pas un accident, c’était déjà une méthode : structurer pour contrôler, encadrer pour neutraliser, fabriquer des cadres pour étouffer la spontanéité.
Aujourd’hui, la méthode persiste, mais elle ne vise plus seulement la jeunesse. Elle touche le cœur du jeu démocratique et c’est là que le problème devient explosif. Car soit cette situation est tolérée, elle devient alors une ligne politique assumée. Soit elle est sanctionnée, dans ce cas elle révèle une volonté réelle de crédibilité. Il n’y a plus d’entre-deux.
Maintenir Zénab Camara à la tête d’une DGE aussi défaillante, c’est valider le désordre, cautionner l’amateurisme et accepter que l’élection soit entachée avant même d’exister. La démettre, au contraire, ce serait reconnaitre l’évidence qu’une institution qui ne sait pas organiser des listes ne peut pas organiser un scrutin.
Dissoudre cette DGE, ce ne serait pas un aveu de faiblesse. Ce serait, paradoxalement, le premier acte de sérieux depuis le 5 septembre 2021, parce qu’aujourd’hui, la situation est limpide : la DGE n’est plus en train d’organiser une élection. Elle est en train de tester la tolérance du pouvoir face au ridicule.
Et dans ce test, la seule chose qui compte désormais, c’est la réaction de Mamadi Doumbouya. Parce qu’à ce niveau de défaillance, le silence n’est plus une option mais une approbation.
