Évariste Ndayishimiye groggy par Ibrahim Traoré
Newton Ahmed Barry revient ce samedi 25 avril sur la visite d’Évariste Ndayishimiye, le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, à Ouagadougou et sur l’expulsion des migrants vers l’Afrique par Trump. Mais commençons par Ndayishimiye, qu’est-il allé chercher à Ouagadougou ?
L’UA et les pressions de Donald Trump en matière migratoire
Il y a par contre une préoccupation dont l’Union africaine gagnerait sans tarder à se saisir : délibérer sur la conduite des États africains face à la pression de Donald Trump qui veut transformer l’Afrique en un dépotoir de migrants expulsés de façon inhumaine par sa redoutable police de l’immigration ICE. La situation est préoccupante parce que sur les 25 pays à travers le monde qui ont signé ces accords (ou sont en voie de le faire), 12 sont africains et pas des moindres, comme le Ghana, la RDC, le Cameroun, le Rwanda et le Burundi, dont justement le président Évariste Ndayishimiye assure la présidence de l’Union africaine.
Individuellement, les pays ne peuvent pas résister à l’administration américaine qui utilise tous les moyens de pression dans des conditions parfois opaques, quand il s’agit de dons d’argent. C’est une question de dignité humaine et d’honorabilité pour l’Afrique. Victime de la traite négrière, dont elle n’a pas finie de soigner les séquelles, l’Afrique serait mal avisée de se rendre complice d’une traite des migrants, avec une administration Trump peu soucieuse de ce qui peut advenir aux migrants, une fois hors des États-Unis.
Des offres qu’on ne peut refuser ?
Les États-Unis font des offres que les pays peuvent difficilement refuser. C’est le cas par exemple de la proposition du retrait de la liste des personnalités indésirables ou poursuivies aux États-Unis qui pouvait être difficilement refusée par la Guinée équatoriale, dont le vice-président et putatif futur président Teodoro Nguema Obiang était frappé d’interdiction d’entrée aux États-Unis. Il peut à présent, en contrepartie, (c’est rappeler dans l’accord) des engagements communs (États-Unis – Guinée équatoriale) « (…) de lutter contre l’immigration illégale » recommencer à voyager aux États-Unis.
Pour d’autres pays comme le Rwanda et la RDC, il était difficile de dire non à Trump. Arbitre d’un accord de paix RDC-Rwanda, signé en décembre 2025, mais pas vraiment respecté, Trump tient chacun des protagonistes qui ne peut rien lui refuser.
Beaucoup d’autres pays africains sont dans des situations semblables qui les rendent fragiles.
C’est pourquoi, il urge que l’Union africaine se saisisse de cette question. Face à un Donald Trump qui exècre, le multilatéralisme, la partie n’est pas gagnée d’avance. Mais c’est justement tout l’intérêt. Face à la pression de Trump, cette ellipse de l’auto-saisine de l’UA donne un peu de répit aux États.
Donald Trump passera sous peu. Il faut tout faire pour qu’après lui, le continent ne soit pas un rassemblement de « shithole countries », (« des pays de merde », soit comment le président américain avait qualifié de nombreux pays africains), parce qu’il aura souillé notre humanité par cette traite immonde de migrants.
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