Équilibrons, régulons, sans briser !
Ce n’est pas peu dire que la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce 3 mai 2026, nous place devant un miroir exigeant, sous l’égide d’un journalisme au service de l’avenir pour façonner la paix. Et nous avons compris que l’heure n’est plus aux postures de victimisation ni aux dérives autoritaires.
Or, cette célébration souligne une vérité crue tant notre démocratie reflète fidèlement la qualité de notre presse et la justesse de sa régulation par les pairs. Dès lors, soutenir l’action de Boubacar Yacine Diallo à la tête de la HAC relève de la cohérence juridique et journalistique plutôt que de la complaisance, car réguler n’est pas censurer.
Dans cet esprit, il nous incombe de défendre un professionnalisme conforme à la Loi L002 et à l’esprit constitutionnel, lesquels confient à la HAC la protection de l’éthique. D’autant que le journalisme demeure une affaire de conscience où l’impératif d’honnêteté s’aligne sur les standards déontologiques internationaux.
À cet égard, nous ferions bien de méditer cette assertion d’Hampâté Bâ, tirée de sa célèbre Lettre à la jeunesse, nous enseignant que si nous voulons que nos pas laissent des traces durables, nous ne devons pas marcher dans les pas de nos aînés mais suivre la direction qu’ils ont indiquée.
C’est tout à fait cela ! Et en rappelant que notre liberté a pour limites la responsabilité et la dignité d’autrui, le Président de la HAC ne fait que baliser cette direction pour protéger notre profession contre ses propres dérives dans la mesure où nous sommes conscients qu’une presse qui diffame sans preuves perd de fait sa protection légale.
Toutefois, nous maintenons que la responsabilité demeure une balance à deux plateaux car si nous autres journalistes devons l’honnêteté, les autorités d’aujourd’hui et de demain doivent de leur côté accepter la critique.
Dans la mesure où la liberté de la presse mesure la démocratie, l’État doit admettre que la sécurité des journalistes et la viabilité économique des médias constituent le baromètre de sa propre santé politique.
La chute de notre pays au classement RSF, passant du 78e rang en 2024 au 111e en 2026, exige une responsabilité collective.
Si l’octroi de la Maison de la Presse par le régime Doumbouya marque un jalon politique, ce geste appelle un climat de sérénité. Et pour cause? Plume, micro et caméra doivent s’affranchir de la peur face à l’enquête puisque la dépénalisation des délits de presse est un droit acquis qui agit ici comme un bouclier sur les sujets sensibles et non comme un droit de nuire. Cette liberté impose une rigueur absolue car informer avec justesse demeure l’ultime vecteur d’apaisement social.
Dans cet esprit, portons l’impératif de la HAC selon lequel la liberté de la presse demeure le privilège de l’excellence. Disons que si la loi est dure, elle reste notre rempart contre l’arbitraire car ni l’humeur ni la bêtise ne doivent la souiller. Relevons ce défi de crédibilité.
Démontrons notre sagesse d’équilibrer et de réguler pour construire sans jamais briser.
Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 4 mai 2026

