Guinée – GAC : un accord met fin au bras de fer sur la bauxite
La Guinée et les sociétés Guinea Alumina Corporation (GAC) et Emirates Global Aluminium (EGA) sont parvenues à un “accord amiable”, négocié sous la conduite du bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris en exercice. Celui-ci vise à mettre un terme définitif aux différends nés de la cessation des activités de GAC, consécutive au retrait de son permis minier, qui avait entraîné l’interruption de l’approvisionnement en bauxite du groupe EGA.
Par décret lu le 4 août 2025, le président Mamadi Doumbouya avait retiré le permis d’exploitation de bauxite de Guinea Alumina Corporation (GAC), filiale de l’émirati Emirates Global Aluminium (EGA), dans la région de Boké. L’État avait justifié cette décision par le non-respect des engagements contractuels, notamment la construction d’une raffinerie destinée à la transformation locale de la bauxite.
Face au risque d’un arbitrage aux enjeux financiers colossaux devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’État guinéen avait finalement sollicité une résolution à l’amiable du différend avec GAC, afin d’éviter une procédure internationale.
Après plusieurs mois de négociations, les deux parties sont finalement parvenues à un accord. “La République de Guinée, représentée par le Ministre des Mines et de la Géologie et la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, d’une part, et les sociétés Guinea Alumina Corporation (GAC) et Emirates Global Aluminium (EGA), d’autre part, sont parvenus à un accord amiable, négocié sous la conduite du Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris en exercice, visant à mettre un terme définitif aux différends nés de la cessation des activités de GAC en République de Guinée et de l’interruption de l’approvisionnement en bauxite du groupe EGA, y compris tout différend relatif à la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG)”, précise le Comité stratégique de Simandou dans un communiqué.
Selon ce même comité, l’accord prévoit le versement par l’État guinéen d’un montant forfaitaire à GAC, sans que la somme ne soit précisée. “Les termes de l’accord, qui reste soumis à certaines conditions, prévoient, d’une part, le versement par la République de Guinée d’un montant forfaitaire à GAC. en contrepartie notamment du transfert de ses actifs à Nimba Mining Company (NMC) en vue de l’exploitation du projet bauxitique de Sangarédi, et, d’autre part, la reconduction des accords d’approvisionnement en bauxite entre CBG et le groupe EGA selon des conditions commerciales mutuellement avantageuses.”
Le Comité stratégique de Simandou souligne par ailleurs que “cet accord s’inscrit dans une démarche résolument constructive de normalisation et de consolidation des relations commerciales entre les parties.”
Pour rappel, le différend a débuté en 2024 à la suite de la “suspension illégale” des activités de GAC. L’État a durci le ton en 2025 avec le retrait du permis minier, avant de le transférer à l’entité étatique Nimba Mining Company S.A. “Ces mesures constituent une expropriation de fait des investissements”, avait dénoncé EGA.
Abdoul Malick DIALLO

