Un ex-ministre comorien des Affaires étrangères condamné en France pour fraudes aux prestations sociales
L’affaire a été jugée par le tribunal judiciaire de Saint-Denis, sur l’île de La Réunion, sans la participation du principal intéressé : l’ancien ministre comorien des Affaires étrangères, Dhoihir Dhoulkamal, a été condamné vendredi 29 mai à deux ans de prison ferme pour des fraudes sociales et le détournement de 340 000 euros. La justice française a également émis un mandat d’arrêt contre lui.
Visé par un mandat d’arrêt international, Dhoihir Dhoulkamal n’a jamais été entendu dans ce dossier. En son absence, il a été jugé et reconnu coupable, comme son épouse, de « fausse déclaration » et d’« escroquerie ». Officiellement domicilié sur l’île de La Réunion, Dhoihir Dhoulkamal, qui a obtenu la nationalité française en l’an 2000, a indûment perçu entre 2010 et 2020 près de 253 000 euros de la Caisse d’allocations familiales (Caf) et près de 87 000 euros de la caisse de sécurité sociale.
Élu député aux Comores en 2015, Dhoihir Dhoulkamal résidait quasi majoritairement dans son pays d’origine, où il a notamment perçu des indemnités de député, puis de ministre. Ces revenus comoriens n’étaient pas déclarés au fisc français. Son épouse, officiellement sans ressources, n’avait pas davantage déclaré les siens.
Les enquêteurs n’ont jamais réussi à le localiser pour l’entendre. L’enquête a ensuite été stoppée en 2020 et 2024, lorsqu’il est devenu ministre des Affaires étrangères. Dhoihir Dhoulkamal était alors protégé par son immunité diplomatique.
La justice française a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de l’ancien membre du gouvernement. À Moroni, les autorités n’ont pas réagi à cette affaire, d’autant qu’il n’existe aucun accord d’extradition entre la France et les Comores.
RFI

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