Contre La sansure

Kassory Fofana : le prix de l’innocence et les interrogations sur la justice guinéenne

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« Il vaut  mieux  hasarder de sauver un  coupable que de condamner un innocent », avait  prévenu voltaire.  L’erreur judiciaire est le pire ennemi de la justice, parce  qu’elle la  fragilise et l’affaiblit. L’à-peu- près et l’improvisation ne devraient pas entacher les procédures.  Hélas, l’exception devient la règle dès lors que la justice devient partiale et sélective, inféodée au pouvoir politique, hégémonique. 

Selon qu’on soit docile ou jugé menaçant, on est exempt de poursuites ou accabler de tous les pêchés.  Kassory  Fofana n’a pas vocation à être un dangereux opposant , mais on lui a toujours prédit un destin national qui lui pend au nez. Or, par ces temps qui courent, il est préférable de paraître insignifiant que d’avoir l’air incontournable sur l’échiquier national.  L’on ne supporte pas les personnalités capables de faire de l’ombre aux nouveaux maîtres. Est-ce un crime de compter et d’exister ?

En tout cas,  l’ancien premier ministre, Ibrahima kassory Fofana, que beaucoup considèrent comme leur mentor ,  leader et candidat naturel, croupit en prison,  depuis avril 2022, gratuitement, car comme vient de le révéler le verdict  tant attendu de son procès en appel,  » il est blanc comme neige », pour rappeler ses propres propos dès ses premières auditions.  Il a été déclaré innocent,  blanchi de faits graves  de détournement de deniers publics qui lui étaient reprochés, pompeusement.  Cependant, l’Etat, la justice, n’ont pas voulu perdre la face , en l’accusant, en désespoir de cause, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.  Une absurdité,  car on ne peut être à la fois innocent et coupable, un montage dans la mesure où l’enrichissement illicite ne tombe pas du ciel mais repose sur des pratiques et mœurs qui n’ont pas été établies encore moins prouvées.

C’est comme s’il y avait ce que la vérité exige et martelle  et ce que la justice commande et impose. Sinon, il n’y avait pas matière à poursuites ni à condamnation.  La duplicité vient de la difficulté à libérer, purement et simplement l’ancien premier ministre en reconnaissant les torts qui lui ont été causés et à défaut de  s’engager à les réparer, lui présenter des excuses solennelles.  Quatre années de détention  pour rien,  afin de flatter l’égo de certains et d’assouvir la vengeance d’autres, dans des conditions pénibles qui ont dégradé considérablement sa santé et ont sapé sa réputation , seront difficiles à oublier et pardonner  par Kassory Fofana.  Quant à ceux qui en sont les responsables, ce sera un poids sur leur conscience et une hypothèque sur leur avenir.  C’est pourquoi, ils tentent de trouver une parade judiciaire pour se prémunir contre les conséquences néfastes d’un acte d’injustice flagrante et révoltante,  à plus ou moins brève échéance.  Malheureusement, on ajoute encore l’arbitraire à une bavure consommée.  On n’allége pas la charge ni n’a fait amende honorable mais persiste dans l’entreprise de briser un homme et dans le dessein obscur de le ruiner pour qu’il ne se relève jamais de ses blessures intimes et des préjudices que l’on voudrait lui infliger.

» L’homme propose, Dieu dispose », dit-on.  Kassory Fofana vient d’être mis hors de  cause dans une cabale politico-judiciaire,  montée de toutes pièces, à la stupeur générale, car que n’a-t-on pas crié sur tous les toits dans la campagne de diffamation ? L’homme qui a toujours dormi du sommeil du juste et du bon,  sera  retabli  également, dans toute la plénitude de ses droits: la réhabilitation,  déjà en marche, sera totale, éclatante et définitive.

Après ça, qui osera lui jeter la pierre ou le traîner dans la boue,  sans être lynché par l’opinion et honni par l’histoire ?

Mohamed Barry

https://www.guinee7.com/2026/07/06

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