Maintien du Gouvernement: Mamadi Doumbouya ou disciple de Lavoisier Antoine (Par A. Condé)
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » Antoine Mamadi Lavoisier Doumbouya
Cette célèbre maxime du grand scientifique et philosophe Français du 18ème siècle, résumant la loi de la conservation de la matière et montrant que lors d’une réaction chimique, la masse totale reste toujours la même, se justifie ou se lit dans les actes notamment de nominations posés, depuis le 05 septembre 2021, par le tombeur du Président Alpha Condé. Le Décret du 27 juillet 2026 dit de premier Gouvernement de la nouvelle République en est une énième illustration
Comme Anaxagore de Clazomènes, le penseur qui soutenaitdans la Grèce Antique » que les choses se combinent et se séparent sans jamais disparaître pour de bon, que quand on brûle un objet ou qu’un être vivant change, les éléments de base ne meurent pas ; ils prennent juste une nouvelle forme », le Chef de l’Etat Guinéen Mamadi Doumbouyaressemble au disciple contemporain du père de la Chimie moderne.
Son acte du lundi 27 juillet 2026, qui n’est ni une formation (on ne forme pas une glace déjà congelée) ni une confirmation ( personne n’était stagiaire ou intérimaire) mais bel et bien le maintien d’un gouvernement pratiquement en place depuis le premier jour de sa prise du Pouvoir, en est l’illustration parfaite. Pour celles et ceux qui en doutaient, il est temps de s’affranchir des dernières illusions, Mamadi Doumbouya a déjà fait le choix de ses collaborateurs, compagnons et même amis. Au fil du temps ou sur le chemin vers sa destination, il en trouvera ou en rencontrera quelques nouveaux, mais l’essentiel ou le gros de la troupe est déjà là.
Beaucoup ont espéré ou souhaité, à la faveur de la mise en place des Institutions, que la nouvelle République tourne significativement la page de la Transition CNRD avec l’avènement de nouvelles figures dans les hautes fonctions administratives et politiques notamment ministérielles.
Avec une telle rupture si forte, l’ancien commandant des forces spéciales aurait réellement adopté une posture plus présidentialiste
En ce sens, le Décret du 27 juillet a refroidi plus d’un.
À vrai dire, Mamadi Doumbouya est resté fidèle à lui-même. N’est surpris que celui qui refuse la moindre observation.
Quand on interroge l’histoire de ses innombrables Décrets de nominations depuis le 05 septembre 2021, il est aisé d’analyser la constance de l’homme.
En effet, à quelques exceptions près comme celles du tout premier Premier ministre, Mohamed Béavogui qui a préféré « écouté son corps » et jeté l’éponge, le 20 août 2021, sa nièce ancienne Garde des Sceaux, Fatoumata Yarie Soumah démise, le 31 décembre 2021, pour avoir exprimé son désaccord contre toute forme d’immixtion dans une lettre adressée au secrétaire général de la présidence, le colonel Amara Camara en ces termes : « La politique pénale de la transition ne se discute pas entre le Président de la Transition et le personnel de la Justice, mais entre le Président de la Transition, le Premier ministre et le ministre de la Justice » ou encore l’ancien ministre de la Santé, Dr Mamadou Pèthè Diallo, accusé de « malversations » et limogé le 23 novembre 2023 maisdéfinitivement blanchi par la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), aucun élément de l’équipe de départ n’est écarté à ce jour.
L’ancien Premier ministre, Bernard Goumou et l’ancien ministre de la Justice, Alphonse Charles Wright, les 2 belligérants à l’origine et victimes de la dissolution, le 19 février 2024, du Gouvernement du successeur de Mohamed Béavogui, avec les anciens ministres du Budget, Lancinet Condé, de l’enseignement pré universitaire, Guillaume Hawing, de la Jeunesse et des Sports, Lansana Bea Diallo ou même des Finances, Moussa Cissé, accusé par la suite de détournements à la tête de la SONAPE, limogé, le 11 septembre 2024 avec un mandat d’arrêt international lancé à sa trousse, sont tous revenus au cœur de l’Etat et de l’administration dans de très hautes nouvelles fonctions. Victime d’une cabale, le 17 novembre 2022, l’ancien ministre des infrastructures et Transports, Yaya Sow est l’un des conseillers du Président Mamadi Doumbouya aujourd’hui.
Également démis de ses fonctions, le 22 janvier 2025, avec un mandat d’arrêt international pour le rattraper dans la fuite, Mohamed Doussou Traoré alias Wattara l’ancien directeur général du Patrimoine bâti public a fait un fulgurant atterrissage, le 06 mars 2026, au ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire comme inspecteur général.
Avec tous ces retours et la légitimation de Dansa Kouroumaau perchoir du nouveau parlement, il fallait une forte dose de naïveté pour rêver à un quelconque bouleversement au sein de l’appareil d’État.
L’arrivée de Mme Djeinabou Touré à l’administration du territoire et Décentralisation, de Mme Bintou Keïta à l’Éducation nationale, Alphabétisation, Enseignement technique et Formation professionnelle ou de Kourouma Aboubacar à l’Industrie et au Commerce est comme une forme de retouche chaque fois opérée après un parcours dont la durée est déterminée par le Maître d’ouvrage lui-même qui ne déséquilibre nullement les fondements du régime.
La logique des 3 nouvelles recrues avait été, à un moment ou autre, appliquée à Bouna Sylla aux Mines, Karamo Nabe au Plan et à la Coopération, Cellou Baldé ou Mme Mariama Ciré Sylla à l’Économie et aux Finances.
La prétendue chute d’Alpha Bacar Barry de l’Éducation nationale, Alphabétisation, Enseignement technique et Formation professionnelle à l’Élevage ressemble à une petite punition prouvant, une fois de plus, que le Président Mamadi Doumbouya ne lâche ou lâche difficilement son équipe, ses collaborateurs et amis.
Dans cette logique, la très commentée sortie de Mme DiakaSidibe est plutôt une parenthèse qui sera vite comblée. Elle pourrait rebondir dans une mission diplomatique ou à la Direction d’une entreprise publique. Même si cet assemblage risque l’explosion, pour Mamadi Doumbouya, « rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme ».
Abdoulaye Condé

