La décolonisation de l’éducation est impérative.
La décolonisation de l’éducation est impérative. C’est l’unique voie pour éveiller les consciences et de permettre à l’Afrique de prendre pleinement la mesure du danger que représente la persistance à imiter les valeurs des autres.
Les programmes éducatifs en Afrique, en particulier en Guinée, sont élaborés de telle sorte que l’enfant assimile davantage la culture occidentale que sa propre culture, celle de sa communauté et son histoire. À travers les écrans, certains individus peuvent évoquer les pays occidentaux et même citer les espèces de poissons qui y vivent, sans jamais y avoir mis les pieds. Ces connaissances sont acquises et récitées avec passion.
Pourtant, interrogez-les sur leur pays, leur histoire ou leurs origines, et vous n’obtiendrez qu’un silence gêné, voire une réponse teintée de dédain. J’ai observé des enfants discuter de la première et de la seconde guerre mondiale, de la révolution française et de la révolution américaine, ainsi que des figures emblématiques de ces événements cruciaux comme s’ils y avaient pris part. Ils mémorisent les types d’armements utilisés, et les moindres détails de ces mondes lointains acquis uniquement par le biais de la télévision, des livres et des nouvelles technologies.
Ils retiennent par cœur les noms d’écrivains, de peintres et de philosophes occidentaux, mais ils sont malheureusement incapables de citer les écrivains et les résistants africains. Pour ces individus assimilés et culturellement aliénés, il n’existe rien de plus précieux à connaître que tout ce qui concerne l’Occident, poussant certains à un cynisme allant jusqu’à percevoir les péchés d’Israël partout, méprisant ainsi nos propres valeurs. D’où l’urgence d’adapter radicalement nos programmes scolaires.
