À la Une: à Ceuta, les autorités espagnoles dépassées par l’afflux de migrants en provenance du Maroc
Catherine Potet

Cette nouvelle crise migratoire est à la Une de plusieurs titres de la presse marocaine. Hier, jeudi, des milliers de jeunes hommes sont arrivés massivement à Ceuta, petite enclave espagnole du nord du Maroc, théâtre depuis plus de trente ans du passage de dizaines de milliers de migrants marocains mais aussi subsahariens, espérant gagner le continent européen.
Le média marocain en ligne, le Desk , décrit ainsi la situation : « Le jeudi 30 juillet, la pression sur Ceuta a changé d’échelle. Dès les premières heures de la matinée, des milliers de personnes ont convergé vers les plages du Tajaral et tenté de rejoindre à la nage l’enclave espagnole. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des foules, majoritairement composées de Marocains, contournant les jetées avant de courir sur les plages et les routes de Ceuta. Parmi eux, figurent surtout de jeunes hommes, mais aussi des familles, des femmes et des enfants, certains scandant « Viva España » »
Parmi ces migrants, certains n’ont toutefois pas survécu : 18 personnes se sont noyées, selon les autorités espagnoles. Hesspress, autre média en ligne marocain, relate de son côté que les autorités marocaines « ont eu recours à des canons à eau, pour disperser les rassemblements », alors qu’à Tanger, à environ 80 kilomètres de Ceuta, on peut « constater une forte affluence à la station des grands taxis à proximité du tribunal de première instance, où se rassemblent des centaines de jeunes arrivés de différentes régions du Royaume ».
Renvoi collectif
Les autorités espagnoles semblent dépassées par les événements. « Ceuta submergée par un afflux massif de migrants », annonce le Desk. Le journal en ligne précise que l’enclave espagnole « a réclamé hier l’état d’urgence nationale et le déploiement de l’armée », précisant que « les unités de la garde civile et de la police nationale avaient rapidement été débordées ».
Ce n’est toutefois pas une surprise, selon le Desk : « L’épisode du 30 juillet, nous dit-on, constitue l’aboutissement d’une dynamique observée depuis le début de l’année ». Pas question toutefois pour l’Espagne, de rester sans réaction. Madrid a annoncé hier avoir « conclu un accord avec Rabat, pour organiser le renvoi rapide des personnes entrées illégalement à Ceuta ».
Hesspress de son côté, parle « d’une procédure de renvoi collectif », qui sera « menée en collaboration avec les autorités marocaines compétentes et concernera l’ensemble des migrants, y compris les mineurs ». Un défi, alors que selon le Desk, « depuis le début de l’année, Ceuta enregistre davantage d’arrivées que les autres routes migratoires vers l’Espagne, y compris les Canaries ».
Position inconfortable
La presse sénégalaise s’intéresse aux dernières tendances concernant la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Et elles ne lui sont pas favorables, si l’on en croit les résultats d’un premier vote indicatif formel au Conseil de sécurité de l’ONU, dont Senego se fait l’écho. « Ces résultats, nous dit le journal sénégalais en ligne, placent Macky Sall à la 5ème position dans ce scrutin exploratoire, qui n’a pas de valeur décisionnelle mais permet d’évaluer les rapports de forces diplomatiques avant les prochaines étapes ».
L’ancien président sénégalais « a recueilli 6 voix de soutien, alors que la candidate du Costa Rica arrivée en tête, Rebeca Grynspan, en a recueilli dix. » A ce jour, 7 candidats sont en lice pour le poste de secrétaire général de l’ONU.
Dakaractu a recueilli la réaction de l’équipe de campagne du candidat Macky Sall, apparemment toujours optimiste, après ce résultat plutôt défavorable. « Elle affirme poursuivre pleinement sa mobilisation autour de la candidature de l’ancien président et rester engagée en vue des prochaines étapes du processus électoral ». Tout n’est pas perdu, semble d’ailleurs penser Seneweb, pour lequel « Macky Sall reste dans la course », et « conserve toutes ses chances ».
Catherine Potet

Source: https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-afrique/20260731
