Contre La sansure

Tchad: l’ex-Premier ministre et opposant Succès Masra gracié par le président Déby

0

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a gracié, vendredi, par décret, neuf dirigeants de l’opposition, dont l’ex-Premier ministre Succès Masra, qui purgeait une peine de vingt ans de prison ferme. Il avait été reconnu coupable de complicité de meurtre et de diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe. 

Il purgeait une peine de vingt ans de prison ferme depuis plus d’un an. Succès Masra, ancien Premier ministre et chef du principal parti d’opposition au Tchad, a été gracié par décret par le président Mahamat Idriss Déby, vendredi 14 août, aux côtés de huit autres dirigeants de l’opposition.

Il avait été condamné pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre » en août 2025 dans le cadre du drame de Mandakao, où 42 personnes avaient été tuées en mai dans un conflit intercommunautaire.

Les huit dirigeants de partis, tous membres de la plateforme de l’opposition (GCAP), Groupe de concertation des acteurs politiques, étaient condamnés depuis mai à huit ans de prison ferme, jugés coupables de fomenter une insurrection.

Cette grâce présidentielle entraîne une « remise totale des peines privatives de libertés aux condamnés », indique le décret publié sur la page Facebook de la présidence tchadienne.

« Nous remercions le président de la République d’avoir bravé les obstacles et choisi d’avancer dans l’esprit de l’unité nationale qui est en train de naître. Nous espérons enfin nous asseoir autour d’une table pour faire avancer la paix », a réagi le Dr Ndolembai Sadé Njesada, vice-président du parti de Succès Masra, Les transformateurs.

Ex-candidat à la présidentielle

Économiste de 42 ans et figure populaire de l’opposition, Succès Masra avait été contraint à l’exil au Cameroun fin 2022, après une manifestation violemment réprimée lors de laquelle de nombreuses personnes avaient été tuées par les forces de l’ordre, sans qu’aucun bilan officiel ne soit jamais communiqué.

Il était rentré au Tchad un an plus tard en vertu d’un accord conclu avec le gouvernement tchadien à Kinshasa. Il avait été nommé Premier ministre peu après, cinq mois avant l’élection présidentielle de mai 2024 à l’issue de laquelle il était arrivé deuxième avec près de 20 % des voix.

Mahamat Idriss Déby avait recueilli environ 60 % des suffrages, remportant une élection contestée et boudée par une bonne partie de l’opposition.

Le Tchad, pays d’Afrique centrale qui compte près de 20 millions d’habitants, est dirigé depuis 2021 par Mahamat Idriss Déby, qui avait pris la tête d’une transition militaire à la mort de son père Idriss Déby Itno, tué par des rebelles après 30 ans à la tête du pays.

France24 avec AFP

Source: https://www.france24.com/fr/afrique/20260814

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?