Indépendance de la Guinée : « 68 ans après, qu’avons-nous fait de cette liberté ? » (Bloc Libéral)
À 48 heures de la célébration de la fête de l’Indépendance, le Bloc Libéral (BL) a tenu un point de presse à son siège.
Face aux journalistes, ce mercredi 30 septembre 2026, le président du parti, Oumar Sanoh, a passé en revue plusieurs sujets liés à l’actualité nationale, notamment la portée de l’indépendance, les dossiers judiciaires sensibles, les drames de Dar-es-Salam et de N’Zérékoré, mais aussi la découverte de corps à Sabakhouré.
Dès l’entame de son intervention, Oumar Sanoh a placé la célébration du 2 octobre sous le signe de la mémoire. Il a rendu hommage à celles et ceux qui, selon lui, ont contribué à la conquête de l’indépendance de la Guinée, citant notamment Jeanne-Martin Cissé, Fodéba Keïta, Saïfoulaye Diallo et le premier président de la République, Ahmed Sékou Touré, ainsi que tous les artisans de l’indépendance.
Revenant sur le référendum du 28 septembre 1958, qui a ouvert la voie à la proclamation de l’indépendance le 2 octobre de la même année, le président du BL a posé une question qu’il juge essentielle, 68 ans après : « qu’avons-nous fait de cette liberté ? »
Pour Oumar Sanoh, l’indépendance ne peut pas être réduite à la seule souveraineté politique. Elle doit également se mesurer aux conditions de vie, aux droits et à la sécurité des citoyens.
« L’indépendance ne se mesure pas seulement à la souveraineté d’un État sur son territoire et ses ressources. Elle se mesure aussi à la liberté des citoyens, à leur sécurité, à leur dignité, à la justice, à la solidarité des institutions et aux possibilités réelles de vivre mieux. », a laissé entendre le président du BL.
Le responsable politique estime ainsi que l’indépendance politique doit aller de pair avec une véritable souveraineté institutionnelle, économique, sociale et judiciaire.
Le président du Bloc Libéral a également insisté sur la nécessité pour la Guinée de regarder son histoire avec lucidité, notamment lorsqu’il est question des épisodes douloureux de son passé.
« Une nation qui veut construire son avenir doit regarder son histoire avec lucidité : sans vengeance, sans instrumentalisation politique, mais sans oubli », a-t-il déclaré.
Dans cette même logique, Oumar Sanoh a évoqué la situation des familles de personnes disparues. Il appelle les autorités compétentes à poursuivre les investigations afin d’identifier les victimes et d’établir les circonstances de leur disparition.
« Lorsque cela est possible, les dépouilles doivent être restituées aux familles, dans le respect et la transparence. Derrière chaque disparu, il y a des proches qui attendent une réponse. », a-t-il souligné.
Le Bloc Libéral s’est attardé sur la découverte, le 24 août dernier, de six corps non identifiés à Sabakhouré, dans la sous-préfecture d’Allassoyah, à Forécariah.
« Le Bloc Libéral suit également avec préoccupation la découverte, le 24 août dernier, de six corps non identifiés à Sabakhouré, dans la sous-préfecture d’Allassoyah, préfecture de Forécariah. Nous respectons le déroulement de l’enquête judiciaire, tout en demandant qu’elle soit menée avec diligence, indépendance, impartialité et transparence. La Nation doit connaître l’identité des victimes, les causes de leur décès et, le cas échéant, les responsabilités. », a-t-il lancé.
Autre dossier évoqué : le drame survenu au stade de N’Zérékoré le 1er décembre 2024, en marge d’un match de football. Près de deux ans après les faits, le Bloc Libéral réclame les conclusions des investigations et demande justice et réparation pour les victimes et leurs familles.
« Nous n’oublions pas non plus les victimes du drame du stade de N’Zérékoré, le 1er décembre 2024, où un match de football s’est transformé en tragédie et a fait plusieurs dizaines de morts. Les familles attendent que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame et sur les responsabilités. Le Bloc Libéral demande que l’enquête aille à son terme, que ses conclusions soient rendues publiques et que justice et réparation soient rendues aux victimes et à leurs proches », a-t-il interpellé.
Enfin, concernant les événements du 28 septembre 2009, le Bloc Libéral estime que le processus judiciaire doit désormais être suivi d’une phase effective de réparation pour les victimes.
« Enfin, la justice rendue aux victimes des événements du 28 septembre 2009 doit se prolonger par la réparation. Après la décision rendue en première instance en juillet 2024, l’indemnisation des victimes doit être conduite à son terme, avec célérité, équité et transparence. », a déclaré Oumar Sanoh.
Le Bloc Libéral appelle, à travers ces différentes prises de position, à placer la protection des citoyens, la justice, la transparence et le devoir de mémoire au cœur de l’action publique.
Sam Bantignel

