DÉCOUVERTE DE CHARNIER, DISPARITIONS FORCÉES & OMERTA: LA QUÊTE DE VÉRITÉ NE DOIT PAS DEVENIR UNE NOUVELLE SOUFFRANCE.
Défenseurs des droits de l’Homme, journalistes, blogueurs, lanceurs d’alerte et influenceurs : continuons la mobilisation. Mais faisons-le avec fermeté, responsabilité et humanité.
Je m’adresse à vous, la main sur le cœur, en ma qualité d’un leader de la société civile, défenseur des droits de l’Homme et victime moi-même de kidnapping et de tortures inouïes en 2025 avec ma famille, mes proches et voisins, dont le cas avait suscité la mobilisation de différentes sensibilités de la nation et de partenaires de la Guinée.
Je mesure ainsi mieux la douleur, l’angoisse et l’attente interminable des familles confrontées aux disparitions forcées des leurs.

Je réitère ma reconnaissance à la mobilisation dont j’ai bénéficié de tous et toutes, en appelle plus pour les victimes disparues. Je rends grâce à Dieu et, l’implore pour toutes les victimes connues et anonymes.
Le charnier découvert à Forécariah et le silence persistant sur l’identification des six (6) corps retrouvés, ligotés et les yeux bandés, sont certes une épreuve supplémentaire pour notre conscience collective en tant que démocrates, nation et peuple déclaré majoritairement croyant.
Mais derrière chaque publication annonçant la mort présumée d’un disparu, il y a une famille qui peut recevoir un nouveau choc, un enfant qui peut perdre son dernier espoir, une mère ou une épouse à qui l’on impose brutalement un deuil sans preuve ni certitude.
Une rumeur de mort ne remplace pas la vérité.
Une source anonyme ne remplace pas une identification médico-légale.
Et une famille ne doit jamais apprendre la mort présumée d’un proche par les réseaux sociaux sur find de rumeurs.
Alors, continuons à dénoncer, à documenter, à enquêter et à exiger des comptes. Mais ne transformons jamais notre légitime colère en une nouvelle souffrance pour les familles.
À l’État, nous demandons avec force : Où sont nos disparus ? Qu’est-il advenu d’eux ? Qui les a enlevés ? Pourquoi ?
Et à nos partenaires nationaux et internationaux : les condamnations de principe ne suffisent plus. La gravité de la situation appelle des actions concrètes pour que la vérité soit établie et que justice soit rendue.
Et enfin, que le peuple de Guinée soit libéré de la « prison à ciel ouvert’ qui lui est imposée à la suite du coup d’État du 05 septembre 2021 avec des dizaines de disparitions forcées, alors qu’il lui (peuple) était promis plus de libertés, dit – on.
À ceux qui, dotés des ressources publiques de l’État, ont donc la responsabilité de garantir la vie, la sécurité et la dignité des citoyens, nous rappelons :
Tant que la vérité ne sera pas dite, tant que les disparus ne seront pas retrouvés et tant que les responsabilités ne seront pas établies, vous resterez les accusés parfaits devant le tribunal de l’Histoire.
Mobilisons-nous. Ne nous taisons pas. Mais protégeons aussi les familles des victimes.
La vérité, toute la vérité, rien que la vérité pour une Guinée qui soigne les douleurs et rassemble ses fils/filles afin de construire une nation émergente.
