Sidya Touré, dernier voyage loin de Conakry
Décédé le 25 septembre à Paris, à l’âge de 81 ans, l’homme politique ne sera finalement pas inhumé en Guinée, conformément à la volonté de sa famille.
Une vie entre deux pays
Pour Sidya Touré, la boucle se referme presque là où elle avait commencé. Né en 1945 à Dimbokro, en Côte d’Ivoire, de parents guinéens, il y construit une grande partie de sa carrière dans la fonction publique.
Inspecteur du Trésor, il devient au début des années 1990, directeur de cabinet d’Alassane Ouattara, alors Premier ministre. En 1996, Sidya Touré retourne en Guinée. Lansana Conté le nomme Premier ministre, une fonction qu’il occupe jusqu’en 1999. Il rejoint ensuite l’opposition et prend la tête de l’Union des forces républicaines, l’UFR. Candidat aux présidentielles de 2010 et 2015, il devient l’une des principales figures de l’opposition. Son parcours croise également les heures sombres de la vie politique guinéenne, notamment les violences du 28 septembre 2009 à Conakry, au cours desquelles il avait lui-même été blessé. Après le coup d’État du 5 septembre 2021, qui porte le général Mamadi Doumbouya au pouvoir, Sidya Touré est contraint à l’exil à Abidjan.

Pourquoi pas la Guinée ?
Après sa disparition, les autorités guinéennes avaient souhaité voir l’ancien Premier ministre reposer dans son pays.
Mais, après des concertations, la famille en a décidé autrement. Sidya Touré sera inhumé à Abidjan notamment parce qu’il ne dispose plus de résidence à Conakry depuis la saisie de sa maison par les autorités. Sidya Touré reposera donc en Côte d’Ivoire, son pays de naissance, devenu aussi sa dernière terre d’accueil.
L’ultime hommage se déroulera le vendredi 9 octobre avec l’inhumation au cimetière de Williamsville, dans le nord d’Abidjan.
