AFFAIRE GROUPE DJOMA : LES PARTIES JOUENT SUR LE TERRAIN MÉDIATIQUE.
La gouvernance d’Alpha Condé a été désastreuse pour la Guinée. de nombreux crimes de sang et économiques ont été commis par son régime durant près de 11 ans. Certaines personnalités de son régime sont poursuivies par l’État guinéen. Alpha Kabinet Sylla, ‘Bill Gate’, est en tête de liste.
Il y a quelques semaines, le Procureur général de la Cour d’Appel de Conakry, Charles Alphonse Wright a évoqué, devant la presse, des dossiers qu’il a transmis à la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Celui du Groupe Djoma, appartenant à Kabinet Sylla, alias Bill Gates, ancien intendant de la Présidence de la République a le plus retenu l’attention.
C’est que, selon un commentateur, « en dix années, il est difficile de réunir une fortune telle que celle attribuée à Kabinet Sylla et à son conglomérat d’entreprises Groupe Djoma. D’autres, en d’autres temps, comme Mamadou Sylla Futurelec, même Kerfalla Camara KPC, Kaba Guiter, Dr. Ousmane Kaba et nombre de promoteurs d’institutions d’enseignements ont également ‘réussi’ grâce à l’État guinéen. Donc, il y a nécessité de faire la lumière sur ces cas« .
En conférence de presse, le pool d’avocats de Djoma, dit qu’il « ne comprend pas pourquoi parmi les infractions reprochées à DIOMA GROUP par le procureur spécial, figurent la concussion, l’abus d’autorité, le faux et usage de faux en écriture publique, alors que ces infractions ne relèvent pas de la compétence de la CRIEF. Cette situation mérite d’être immédiatement relevée et réparée au risque de voir la CRIEF poursuivre DJOMA GROUP pour des infractions de droit commun et ce en violation de ses propres règles de compétence. Cela serait une violation des garanties d’un procès juste et équitable selon lesquelles ne peut être poursuivi que dans les formes et conditions prévues par la loi« .
Assignation de l’État guinéen
Sur le Plateau de Djoma TV, un de ses avocats, Me Almamy Samory Traoré, a indiqué que lui et ses collègues qui se sont « constitués dans ce dossier, ne voulons plus répondre à un procureur général qui n’est pas notre adversaire dans ce dossier. Nous avons estimé qu’il a violé la loi dans une certaine mesure, nous avons décidé d’engager des procédures. Aujourd’hui, la procédure en référée est passée devant le tribunal de première instance de Dixinn. On a assigné l’Etat guinéen pour des manquements ou fautes qui ont été commises par un de ses préposés qui est le procureur général« .
Il a souligné que « cette procédure est en cours, elle a été renvoyée à huitaine. Pour la plainte, ce n’était pas une simple menace en l’air. Nous avons mis en exécution notre déclaration. La plainte a été déposée aujourd’hui auprès de la cour suprême. Et la plainte disciplinaire va suivre également dans les heures qui suivent. Nous ne voulons plus parler du procureur général, nous sommes concentrés sur notre dossier et nous ne voulons pas être distraits par des sorties qui sont, pour nous, inopportunes de la part de quelqu’un qui n’est pas notre interlocuteur« .
Pour un observateur, « il faut croire que les défenseurs du Groupe Djoma cherchent à gagner du temps. Ce qui aurait été intéressant, c’est qu’en même temps qu’ils reprochent la démarche du Procureur général Charles Wright, ils démontrent que les faits reprochés à leur client ne sont pas exacts. Mais dire que tel dossier devait être envoyé à telle Cour et tel autre à tel niveau de juridiction n’est pas très pertinent. Que l’on nous dise seulement que notre ‘Bill Gates’ a gagné honnêtement ses milliards et on tourne la page… ».
En attendant, imperturbable, le Procureur général Wright, a transféré 10 dossiers qui portent « sur des faits présumés de détournement de deniers publics, enrichissement illicite, vol, escroquerie, trafic d’influence, corruption, recel entre autres (…) conformément aux dispositions des articles 42, 44 du de procédure pénale et 3, 19 de l’ordonnance n°007/2021 relative à la CRIEF » au Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kaloum.
Il s’agit des dossiers suivants :
1- Mission portant contrôle de la Régularité des inscriptions et Réinscriptions des Etudiants à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia;
2- Contrôle des effectifs et de la masse salariale pour la période du 1 juillet au 31 octobre 2021;
3- Document Synthèse et Document Annexes du rapport partant sur le contrôle des effectifs et de la masse salariale pour la période du 1er juillet au 31 octobre 2021:
4- Vérification des procédures de passation et d’exécution du Contrat de bail de l’immeuble R+7 devant abriter les unités de Gestion des Projets du Ministère des Travaux Publics ;
5- Vérification de la rationalité des besoins dans le cadre du Contrat n°2020/071/1/4/018 entre le Ministère de la santé et la Société TP SARLU (02 Copies) ;

6- Vérification du fonctionnement administratif et de la dématérialisation de la chaine financière de la Loterie Nationale de Guinée (LONAGUI) ;
7- Vérification effectivité des malversations financières révélées dans le rapport d’audit sur la paie du personnel de l’EDG ;
8- Vérification de la Régie d’avance de la Mission d’Appui à la mobilisation des ressources internes (MAMRI) ;
9- Audit sur Air Guinée ;
10 Audit sur FRIGUIA
« Ces dossiers, conviennent de nombreux analystes, pourraient embêter de gros dignitaires de l’ancien régime et de nombreux fonctionnaires anonymes qui ont vidé les caisses de l’État. Mais c’est si seulement les mains noires qui entourent le CNRD du Colonel Doumbouya ne se mettent pas à leur service. On a vu comment ces mains noires ont modifié la composition du CNT et même la voie que suivaient Colonel Doumbouya et ses camarades qui voulaient une transition inclusive et maintenant semblent être déterminés à confisquer le pouvoir, qui devient de plus en plus régionaliste, que national« .
Mamadou Alpha BAH et B. O. MAHMOUD
