Assemblées annuelles 2026 de la BAD: l’Afrique doit trouver sa propre boussole!
Lors d’une conférence de presse qu’il a organisée, le 23 avril 2026 à son siège, à Abidjan, le Groupe de la Banque africaine de développement a, planté le décor de ses 61e Assemblées annuelles prévues du 25 au 29 mai à Brazzaville. Comme le thème l’indique, cette rencontre de haut niveau sera axée sur la mobilisation massive de ressources pour soutenir le développement du continent dans un contexte mondial fragmenté.
Composé de la Banque, du Fonds africain de développement, et du Fonds spécial du Nigeria, le Groupe a levé un coin de voile sur ses Assemblées annuelles 2026. Bien qu’étant la Première pour Sidi Ould Tah, ce rendez-vous annuel de la BAD donnera l’opportunité au nouveau président de réafficher les ambitions que lui et son équipe portent pour renforcer les outils de mobilisation de ressources pour le développement du continent.
C’est ainsi que lors de la rencontre avec les médias, la BAD n’a pas manqué de maintenir enfoncé, le curseur sur cette préoccupation majeure pour les Africains: comment «mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté»? Ce sont près de 3000 participants qui, avec les gouverneurs des 81 pays membres de la Banque, apporteront les ingrédients nécessaires à ce remue-méninges géant à Brazzaville, la capitale congolaise, dont le choix pour ces Assemblées annuelles à été opéré depuis 2021.
Si ces assises permettront, comme à l’accoutumée, de faire le bilan des performances de la BAD, et de définir ses orientations futures, la question cruciale sera bien, celle de la mobilisation des ressources financières à grande échelle qui se pose à l’Afrique depuis des décennies, après les indépendances. Une accession à la souveraineté internationale qui met du temps à prendre les couleurs d’une autonomie véritable, surtout sur le plan de l’économie. Et le sujet devient d’autant plus incontournable comme le souligne, avec acuité et pertinence, le thèmes des prochaines Assemblées, «dans un monde fragmenté», où les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, se greffent aux conflits en République Démocratique du Congo et au Soudan et au terrorisme, pour fragiliser profondément la croissance économique des pays africains.
C’est donc à juste titre que la BAD, l’une des institutions phares qui porte le financement du développement du continent noir, n’a de cesse d’insister, comme elle le fera sans doute , encore à Brazzaville, sur l’importance de stratégies visant à optimiser les financements, renforcer la mobilisation des ressources internes et consolider les partenariats existants, tout en développant de nouvelles alliances. Car, l’Afrique a besoin, d’au moins «13 000 milliards de dollars» pour financer son développement.
Et voici la Nouvelle architecture financière africaine! La NAFA, quatre petites lettres magiques qui, si les fondations de l’architecture son bien solides, redonneront de l’espoir à l’Afrique dans sa quête de développement. Quoi de plus normal que le «bébé» du président de la BAD, ait accroché, le 9 avril dernier, la confiance de décideurs et autres acteurs du développement de l’Afrique, à travers le «Consensus d’Abidjan»! Et si la NAFA devenait cette boussole que le navire battant pavillon Afrique recherche, elle qui tangue encore sur vagues houleuses d’un «monde fragmenté»?
En tout cas, le président Sidi Ould Tah a du pain sur la planche, comme le dit l’adage. L’heure est à l’action, comme l’a rappelé le jour de son élection même, celui qui a pris son bâton de pèlerin pour nouer des partenariats entre la BAD et des pays et autres structures à travers le monde, dans le but d’accélérer la transformation économique du continent. Il demeure persuadé, qu’en plus du clin d’œil de bailleurs internationaux, l’Afrique est en mesure de mobiliser des ressources sur ses propres terres, pour son propre développement, dans un «monde fragmenté» où les appuis financiers extérieurs se réduisent comme peau de chagrin.
Cependant, la tâche ne peut être celle de la seule du président Sidi Ould Tah et de ses collaborateurs de la BAD. Comme le dit la sagesse, «seul on va vite, mais ensemble, on va plus loin»! Et si l’Afrique décidait d’aller plus vite et plus loin?
Par Wakat Séra

