Contre La sansure

Brouillage des radios et restriction de l’accès à internet : que fait le CNT face à ces menaces contre la liberté d’expression ?

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Jamais, dans l’histoire, la presse guinéenne n’a subi autant d’humiliation, autant de persécution que maintenant. Et pendant ce temps, le Conseil National de la Transition (CNT) censé défendre les intérêts de tous les guinéens, reste silencieux face à cette situation qui défraie la chronique.

Oui malheureusement, au moment où des emplois sont menacés, cet organe de la Transition observe un silence coupable. Aucune communication officielle. Pourtant, les dispositions de l’article 57 de la Charte de la Transition, point 4, assigne au CNT la mission de « contribuer à la défense et à la promotion des Droits de l’Homme et des libertés publiques ». Qu’est-ce que l’institution de Dansa Kourouma fait réellement de cette mission ? Qu’est-ce qu’elle fait pour arrêter les violations flagrantes et insupportables des droits de l’homme dans la République de Mamadi Doumbouya ?

Ah, j’oubliais. Taillé sur mesure, le CNT est une caisse de résonnance. A part quelques Conseillers nationaux qui dénoncent les dérives dictatoriales parfois des nouveaux maitres et oligarques du pays, le reste danse au rythme du son de tam-tam du CNRD.

En effet, si aux premiers pas du CNRD nombre de guinéens doutaient encore, l’intention de confiscation du pouvoir par le putschiste Mamadi Doumbouya ne fait l’ombre d’aucun doute dorénavant. Évidemment, tous les faits et gestes de ce pouvoir venu par effraction le prouvent éloquemment depuis belles lurettes. Le rouleau compresseur contre ceux qui critiquent ou qui s’intéressent de trop près à la mauvaise gestion du CNRD est en marche. Eteindre toutes les voix dissonantes pour désespérément assoir sa dictature en Guinée.

Pour rappel, les arguments brandis le 5 septembre et les jours qui ont suivi par le CNRD pour justifier, du moins tenter de justifier le carnage du Palais Sèkhoutouréya, étaient entre autres le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens. Malheureusement, ces maux sont plus vivaces actuellement en Guinée que sous les régimes qu’il a brocardés.

De gauche à droite ; Dansa Kourouma, président du CNT, Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition et Bernard Goumou, Premier ministre.

 

Ne nous méprenons pas. Le Colonel Mamadi Doumbouya et ses hommes n’œuvreront jamais de gaieté de cœur pour le retour à l’ordre constitutionnel. Ils ne feront pas du tout par peur d’être rattrapés un jour par leur passé. Les dossiers du 5 septembre, les tueries sur l’axe, le pillage des fonds publics auxquels certains parmi se livrent en toute impunité, ne resteront pas impunis. Un jour ou l’autre, chacun d’eux répondra devant l’histoire.

En clair, comme le disait le célèbre féticheur Môfa Sory qui a secoué le Palais Mohamed V à un moment donné, « Sarakatala ! » ou aucun sacrifice possible ne saurait empêcher cela. C’est déjà acté !

Bref, ni la CEDEAO, ni la communauté internationale ne sauveront la Guinée. Notre salut ne peut venir qu’à l’interne, qu’à travers notre détermination et notre mobilisation. Il faut opposer la force à la force. D’ailleurs, ce que le CNRD n’a pas pu faire en deux ans, c’est en un an qu’il pourrait le faire ?

Paul ZOUMANIGUI                                                                                               Belgique

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