Contre La sansure

Ces parlements où la bagarre remplace l’argument

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Dans certains cas, les violences éclatent quand le camp présidentiel ne domine plus sans contradiction et peine à faire passer ses décisions comme avant.

Le plus récent exemple remonte à lundi dernier : à peine rentrés au Parlement après les dernières législatives au Sénégal, les députés de l’opposition et de la majorité ne se sont pas entendus sur le nom d’Amadou Mame Diop pour présider l’Assemblée.

La donne a effet changé depuis les législatives de fin juillet : le camp présidentiel n’a plus de majorité absolue. Or les relations sont tendues avec l’opposition, comme les heurts l’ont montré en début de semaine.

Même les députés anglais sont parfois agités…

Faute d’imposer ses idées, place à la violence Misstrauensvotum Silvio Berlusconi

Mais le Sénégal n’est pas le seul pays, loin de là, où des débordements ont lieu au Parlement. Dans certaines situations, des violences éclatent quand le camp présidentiel ne domine plus sans contradiction et peine à faire passer ses décisions comme avant…

Kojo Asante, un chercheur ghanéen spécialiste de la démocratie pense que « cette mouvance politique est créée par les électeurs, donc les citoyens, qui décident que le pouvoir cette fois doit être partagé, au lieu d’avoir un parti dominant. C’est quelque chose que nos dirigeants devraient encourager pour montrer que le pouvoir appartient à tout le monde et pas à un seul groupe ».

Kojo Asante estime que les pays africains devraient s’exercer à la démocratie consensuelle, où les lois peuvent passer dans une atmosphère d’entente.

L’expert donne l’exemple de nombreux pays du continent européen qui ont réussi ce pari, même si les mésententes houleuses ont souvent éclaté, par exemple, aux Parlement britannique, italien ou ukrainien, pour ne citer que ceux-là.

Dany Ayida, directeur résident de National democratic institute (NDI) en RDC, évoque un autre aspect qui divise souvent les parlementaires :

« Il y a des aménagements qui sont faits, par exemple pour que certaines commissions parlementaires soient dirigées par l’opposition. Quand ces choses ne sont pas réglées par les textes ou par les pratiques, cela donne lieu à des revendications qui peuvent parfois être violentes« .

Problème: s’il existe un code de conduite qui régit les parlementaires, dans plusieurs situations, ceux ou celles qui enfreignent ces règles ne sont pas sanctionné.e.s, ce qui n’incite pas forcément à se montrer fair-play.

Par Etienne Gatanazi

In. https://www.dw.com/fr/les-bagarres-dans-nos-parlements-et-les-raisons-derriere/a-63118944

Photo de la UNE : Bagarre à l’Assemblée nationale du Sénégal.

 

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