Contre La sansure

Chronique clinique d’un cas urgent : Ousmane Gaoual Diallo, diagnostic réservé

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Quand le verbe déborde la raison, il n’y a plus de discours, il n’y a que des secousses.

L’interview fleuve par Ousmane Gaoual Diallo au journal en ligne lelynx.net (*) est un effondrement verbal. Une chute libre de cohérence, une logorrhée confuse où s’entrechoquent griefs imaginaires, procès d’intention et autojustifications dignes d’un ministre en crise existentielle.
Autopsie d’une parole malade.
Premier symptôme : la schizophrénie politique
Candidat à la présidence d’un parti d’opposition tout en étant ministre de la Transition, porte-parole du gouvernement et théoricien de l’acceptation du régime militaire, Ousmane Gaoual incarne un concept rare : l’opposant assis sur les genoux du pouvoir.
Il soutient le CNRD, enfile les habits de l’État, obéit aux ordres de Mamadi Doumbouya, puis crie au sabotage démocratique au sein de l’UFDG. On croirait un voleur de banque qui crie au vol.
Deuxième symptôme : le délire de persécution
Gaoual accuse Cellou Dalein de tous les péchés : vol, manipulation, violence, fraude, mensonge… Il dénonce la mise à l’écart de son père, les brimades de sa sœur, les brimades de ses militants, les chahuts à New York, les attaques au Liberia, les exclusions arbitraires…
C’est l’univers entier qui serait ligué contre sa personne.
Mais quand quelqu’un voit des ennemis partout, c’est souvent qu’il ne regarde plus clair.
Troisième symptôme : l’amnésie sélective
Quand ça l’arrange, il rappelle qu’il fut coordinateur de la communication. Il parle de rigueur, d’exigence, de dignité. Il oublie juste les séries d’attaques publiques, les mots orduriers prononcés en toute impunité, les clans créés dans l’ombre, les alliances douteuses avec le régime qu’il sert aujourd’hui.
Il oublie aussi que c’est bien lui qui avait applaudi le CNRD en septembre 2021, criant au renouveau, avant de trouver des excuses au silence, aux arrestations, aux violations des droits.
Quatrième symptôme : le syndrome du sauveur incompris
Gaoual ne se présente plus comme un simple militant : il se voit sauveur de l’UFDG, porteur du vrai projet, champion de la transparence. Il voudrait être à la fois le médecin, le patient et le pharmacien.
Mais ce que Gaoual ne dit pas, c’est que son projet ne convainc personne sauf ses propres reflets, que ses textes ne reposent sur aucune légitimité élective, et que sa stratégie consiste surtout à retarder, polluer, manipuler.
Prescription urgente
À ce stade, la parole de Gaoual n’a plus besoin de débat, mais de traitement. Il ne s’agit plus de lui répondre, mais de l’ausculter. On peut diagnostiquer :
– Délire de grandeur,
– Paranoïa politique,
– Hypernarcissisme aiguisé,
– Persistance obsessionnelle à faire croire qu’il est victime alors qu’il est acteur.
Il faut lui prescrire une forte dose de repos démocratique, quelques calmants pour apaiser sa boulimie de conflits, et une cure de silence pour soulager ses partisans devenus orphelins de raison.
Conclusion clinique : « Nous n’avons pas dit notre dernier mot » ?
Soit. Mais qu’il commence par se taire.
Parce que la parole, quand elle devient poison, doit être interdite de micro.

Alpha Issagha Diallo

Écrivain, témoin du réel

(*) https://guinafnews.org/interview-nous-navons-pas-encore-dit-notre-dernier-mot-repond-ousmane-gaoual-diallo-a-lufdg/ 

 

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