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Dangote: pourquoi la raffinerie nigériane entre en Bourse à Lagos

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Par :Stéphane Geneste

La raffinerie de l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote entre en Bourse ce lundi à Lagos. Plus de quatre milliards d’actions doivent être proposés aux investisseurs, avec l’objectif de lever jusqu’à 2 150 milliards de nairas, soit environ 1,4 milliard de dollars. Une opération destinée à financer l’agrandissement de la raffinerie, mais aussi à faire entrer les épargnants africains au capital d’un projet industriel emblématique du continent.

La raffinerie de pétrole d’Aliko Dangote, le projet industriel emblématique de l’homme le plus riche d’Afrique, entre en Bourse ce lundi à Lagos, au Nigeria. Plus de quatre milliards d’actions vont être proposés, avec un objectif : lever jusqu’à 2 150 milliards de nairas, soit environ 1,4 milliard de dollars, afin notamment de financer l’agrandissement du site.

La raffinerie a commencé à fonctionner en 2024, en périphérie de Lagos. Sa capacité est aujourd’hui d’environ 700 000 barils de pétrole brut par jour. L’objectif est désormais de doubler cette production. Une ambition qui nécessite des investissements considérables : agrandir une raffinerie de cette taille coûte plusieurs milliards de dollars.

L’introduction en Bourse doit justement permettre à Dangote de faire entrer de nouveaux capitaux dans l’entreprise, sans se financer uniquement par la dette. Car les grands projets industriels, et particulièrement sur le continent africain, sont souvent confrontés au même problème : ils sont très coûteux à construire et les banques, les investisseurs étrangers ou les États ne sont pas toujours en mesure de les financer. En faisant appel au marché, Dangote cherche donc à utiliser une partie de l’épargne des Africains pour financer l’industrie africaine.

Jusqu’à 10 millions d’actionnaires visés à travers l’Afrique

L’ambition ne s’arrête pas à la levée de fonds. Le groupe Dangote veut attirer jusqu’à 10 millions d’actionnaires à travers l’Afrique. Pour Aliko Dangote, l’objectif est de permettre aux Nigérians et plus largement aux habitants du continent de devenir, à leur échelle, propriétaires d’une petite partie de ce qui est présenté comme l’un des plus grands projets industriels de la région. C’est précisément pour favoriser la participation des particuliers que le prix d’entrée a été pensé pour rester accessible. Les investisseurs peuvent acheter au minimum dix actions, soit 5 250 nairas, ce qui représente moins de 4 dollars. L’objectif est donc d’aller au-delà des grands fonds d’investissement et de séduire les épargnants ordinaires. Mais devenir actionnaire ne garantit évidemment pas de gagner de l’argent. La valeur du titre peut monter comme elle peut baisser.

Car construire une raffinerie et l’agrandir est une chose. La faire fonctionner à très grande échelle et parvenir à en tirer durablement des bénéfices en est une autre. Dangote reste notamment exposé à l’évolution du prix du pétrole brut. La raffinerie a par ailleurs pris une nouvelle dimension cette année avec la guerre au Moyen-Orient. Elle est devenue un fournisseur important de kérosène pour l’Europe, en plus de son rôle croissant sur le marché africain des produits raffinés.

La Bourse de Lagos face au pari industriel de Dangote

Sur le continent africain, l’ambition du groupe est considérable : doubler la capacité de production de la raffinerie, mais aussi développer les infrastructures de stockage et de distribution et surtout exporter davantage vers les autres pays africains. L’introduction en Bourse constitue donc aussi un test pour la Bourse de Lagos. Une question se pose : existe-t-il suffisamment d’investisseurs et de capitaux en Afrique pour financer de très grands projets industriels ? Le contexte est plutôt favorable. Le marché nigérian a fortement progressé cette année et les investisseurs semblent avoir de l’appétit. Mais le véritable test sera la demande pour les actions Dangote et surtout leur comportement dans les mois qui viennent.

Car une introduction en Bourse réussie, ce n’est pas seulement réussir à vendre des actions. C’est aussi convaincre les investisseurs sur la durée. Derrière cette opération financière, c’est donc une partie de la stratégie industrielle d’Aliko Dangote qui se joue, mais aussi, plus largement, la capacité des marchés financiers africains à mobiliser l’épargne du continent pour financer ses grands projets.

Source: https://www.rfi.fr/fr/podcasts/aujourd-hui-l-economie/20260914

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