Contre La sansure

Défendre la liberté de la presse, un combat toujours d’actualité en Afrique et en Guinée.

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Instaurée en 1993 par les Nations unies, la Journée mondiale de la liberté de la presse trouve son origine en Afrique. Plus de trois décennies après la Déclaration de Windhoek, si des avancées sont notables sur le continent, la situation reste préoccupante dans plusieurs pays, dont la Guinée, où les atteintes à la liberté d’expression se multiplient.

Chaque 3 mai, le monde célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse, une date symbolique dédiée à la promotion d’une information libre, indépendante et pluraliste.

L’origine de cette commémoration remonte à décembre 1993, lorsque l’Assemblée générale des Nations unies a décidé de consacrer cette journée, dans la foulée du Séminaire pour le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste tenu à Windhoek, en Namibie, en 1991.

Ce séminaire historique a abouti à l’adoption de la Déclaration de Windhoek, un texte fondateur qui appelle à l’établissement, au maintien et à la promotion de médias libres et pluralistes. Il souligne également le rôle essentiel d’une presse indépendante dans la consolidation de la démocratie et le développement économique des États.

Les années 1990 ont marqué un tournant pour le paysage médiatique africain. Portée par une vague de démocratisation, la presse indépendante a émergé dans de nombreux pays, contribuant à diversifier les sources d’information et à renforcer le débat public. Depuis, le continent a connu des progrès significatifs, avec la multiplication des médias, notamment les radios dans les zones rurales, où ils jouent un rôle clé d’information et de sensibilisation.

Cependant, ces avancées restent fragiles. Dans plusieurs pays africains, les journalistes continuent d’exercer leur métier dans des conditions difficiles, souvent exposés à des pressions, des intimidations, voire à des violences.

La Guinée illustre ces tensions persistantes. Malgré les acquis enregistrés au fil des années, la liberté de la presse y est régulièrement mise à mal. Sous différents régimes, les autorités ont souvent cherché à restreindre l’espace médiatique. Le pouvoir actuel, dirigé par Mamadi Doumbouya, n’échappe pas à ces critiques.

Des cas d’arrestations, de disparitions, de sanctions administratives ou de fermetures de médias ont été rapportés. Le journaliste Habib Marouane Camara, porté disparu depuis plus d’un an, ainsi que d’autres professionnels contraints à l’exil, témoignent d’une dégradation préoccupante de la liberté d’expression dans le pays au cours des dernières années.

Boubacar Yacine Diallo, président de la HAC

Par ailleurs, certaines institutions de régulation telles que la Haute Autorité de la Communication, devenue en quatres ans la Haute Cour de la répression de la presse sont accusées de dérives, contribuant à accentuer la pression sur les médias privés. Dans ce contexte, de nombreux observateurs dénoncent une volonté de contrôle de l’information par Boubacar Yacine Diallo et la junte militaire, incompatible pourtant avec les principes démocratiques.

Pourtant, la liberté de la presse demeure un pilier fondamental de toute société démocratique.

Car elle constitue la base de toutes les autres libertés, permettant aux citoyens de s’informer, de s’exprimer et de participer pleinement à la vie publique.

Face aux restrictions, aux tentatives de censure et aux intimidations, qui porte désormais le nom de Boubacar Yacine Diallo, la mobilisation apparaît plus que jamais nécessaire. Défendre la liberté de la presse, c’est refuser le bâillonnement de l’information et protéger un droit essentiel.

Au-delà des pressions politiques, un autre défi se pose: celui de la qualité de l’information.

En Guinée comme ailleurs, le journalisme est parfois confronté à des dérives telles que la désinformation, la manipulation ou le manque de rigueur professionnelle. Promouvoir une presse libre implique aussi de garantir un journalisme éthique, responsable et respectueux des règles déontologiques.

Malgré les obstacles, les journalistes continuent de jouer un rôle crucial dans la société, souvent au péril de leur sécurité. Leur combat pour une information libre ne doit pas être vain.

En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, le rappel est clair : sans liberté d’informer, il ne peut y avoir de démocratie véritable. Préserver cette liberté, c’est protéger l’avenir même des sociétés africaines encore en construction démocratique.

Par Aïssatou Cherif Baldé

https://african-panorama.com/

 

 

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