Démolitions d’immeubles aux abords de l’aéroport: DÉCLARATION DES FORCES VIVES DE GUINÉE (FVG)
Les Forces Vives de Guinée (FVG) expriment leur indignation face aux opérations d’expropriation et de démolition massive d’immeubles privés actuellement en cours à Conakry.
Les Forces Vives de Guinée dénoncent le sort infligé à des investisseurs immobiliers, de petits propriétaires ou de simples locataires victimes, en pleine saison des pluies, d’expropriation et d’expulsion, sans préavis, ni indemnisation, ni recasement, en violation flagrante des lois de la République. Ces opérations de destruction des logements bâtis avec les économies de toute une vie sont réalisées sans le moindre ménagement des propriétaires et des locataires, laissant des centaines de citoyens à la rue sans aucune assistance.
L’État a certes le droit d’exproprier les citoyens, à condition que ce soit pour une cause d’utilité publique dûment constatée et seulement après une juste et préalable indemnisation.
En effet, l’Article 55 du Code foncier et domanial stipule : « L’expropriation d’immeubles, en tout ou partie, ou de droits réels immobiliers pour cause d’utilité publique au sens de l’article 534 du Code Civil, s’opère, à défaut d’accord amiable, par décision de Justice et moyennant le paiement d’une juste et préalable indemnité ».
Au regard de cet article et des autres dispositions légales, une telle opération ne pourrait intervenir qu’au terme d’une procédure rigoureuse : décision de justice ou accord amiable avec les propriétaires, enquête publique et évaluation préalable des investissements, notification en bonne et due forme aux propriétaires et occupants, et versement d’une indemnité juste et préalable couvrant l’intégralité du préjudice subi.
Rien de tout cela n’a été respecté. Nombre de ces citoyens sont sommés de quitter les lieux sous 24 heures, parfois moins, sans même que le motif de leur expulsion ne leur soit communiqué. Ce n’est plus de l’administration : c’est l’arbitraire dans sa forme la plus pure, le fait du prince érigé en méthode de gouvernement.
Les Forces Vives de Guinée exigent par conséquent la suspension immédiate de toute opération de démolition jusqu’à l’accomplissement de toutes les procédures prescrites par les lois et les règlements de la République.
Aucune raison d’État ne saurait justifier le piétinement des droits et de la dignité des citoyens. Ce qui se joue aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la gestion du domaine public : c’est une brutalité et une inhumanité d’une gravité inédite, infligées à des familles dont le seul tort fut de croire que le respect de la loi les mettrait à l’abri de l’humiliation et de l’insécurité.
Conakry, le 18 septembre 2026
