Diomaye Faye-Ousmane Sonko: du duo vers la foire d’empoigne!
Pour des problèmes judiciaires, l’un n’avait pas pu se présenter à la présidentielle de 2024. Il a, alors, passé la main à celui qui était considéré comme son alter ego. De la prison, les deux ont atterri au pouvoir. Sauf que, la présidence n’étant pas un banc qui peut accueillir deux personnes, mais bien un fauteuil dans lequel ne s’assoit qu’une seule personne, l’un est devenu président et a nommé le second Premier ministre.
Et tout se passait bien, jusqu’au jour où le président de la République a clairement, et logiquement, commencé à montrer qu’il est le seul capitaine à bord et qu’il ne saurait en avoir deux dans le même bateau, comme le dit, de façon implacable, le proverbe. Mieux, par ses actions, le président se positionne pour un second mandat auquel l’autorise la loi fondamentale de son pays. Pourtant, le Premier ministre, lui, est persuadé que le président lui doit toujours ce fauteuil et qu’il doit garder la main sur le pouvoir, même s’il ne l’exerce pas officiellement. Mieux, le vizir veut devenir calife à la place du calife, et attend la passe avec impatience, avec pour arme de choix, le parti dont il est resté le chef, au propre comme au figuré!
Ainsi va le Sénégal aujourd’hui! C’est l’histoire du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, et de son Premier ministre Ousmane Sonko. C’est l’histoire d’une crise qui semble être arrivée à un point de non-retour, même si les deux protagonistes nient officiellement la bagarre qui les oppose, tout en se lançant des piques par le biais de toute tribune qui se présente à eux! Les clashs réguliers ne se comptent plus, le dernier en date étant la passe d’armes sur la personnification à outrance de chef du parti au pouvoir, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), que reproche Diomaye Faye à son Premier ministre. En attendant la réaction de ce dernier qui ne saurait tarder, car les deux se rendent coup pour coup, la rupture, que tous craignent paraît de plus en plus inévitable.
A moins que les deux «amis et camarades du PASTEF» sachent raison garder pour sauver ce qui peut l’être encore, eux qui partageaient la même vision politique du temps où ils n’avaient pas encore été mordus par le virus de la division, poison inexorablement destructeur, inoculé par le pouvoir! Mais à ce stade de la compétition au sommet, l’unité recherchée est-elle encore possible? Le duo de jeunes dirigeants, le président, 46 ans, et le Premier ministre, 51 ans, n’est-il pas en train de finir en duel, alors qu’il faisait la fierté du peuple sénégalais, notamment de sa jeunesse? Qui pour colmater les brèches du canari PASTEF qui est sur le point de se briser? Enfin, Ousmane Sonko sait-il qu’il est Premier ministre pour appliquer le programme de son président Bassirou Diomaye Faye?
En tout cas, l’opposition boit son petit lait avec ce combat de gladiateurs, et le peuple, malheureusement, souffre! Le «je» de l’intérêt individuel ayant pris le pas sur le «nous» du collectif! Car, ce sont des querelles qui toucheront, inévitablement, la vision d’ensemble du Sénégal et affecteront les décisions et leur conduite, tant sur le plan de l’économie, de la diplomatie internationale, que de la cohésion nationale. Alors que, à l’instar de tous les pays africains frappés par les différents conflits ukrainien, iranien et libanais et leurs conséquences drastiques sur l’économie mondiale, le Sénégal a besoin de solutions… et pas de problème!
Par Wakat Séra

