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Doumbouya passe, une balle touche mortellement un jeune de 19 ans.

Colonel Mamadi Doumbouya s’est personnellement rendu l’Axe pour vérifier l’état de la situation. Alors que tout se déroulait dans le calme, les populations ayant préféré rester chez elles, plutôt que de marcher, donnant ainsi à la manifestation un climat de ‘ville morte’, le passage du président de la transition a comme donné un signal à ses troupes, auprès desquelles la présence de contre manifestants est signalée, pour des affrontements. 

Première victime, selon un citoyen « il s’appelle Ibrahim Diallo. Il a 19 ans, selon ce que son ami m’a dit. C’est au moment où le cortège passait, il y avait des tirs de sommation (…) je ne sais pas si ce sont ceux qui sont sur terrain ou ceux qui sont le cortège qui ont tiré, mais le petit a reçu une balle et il est tombé. Il est décédé dans la clinique devant moi’’.

Hier, selon le Comité d’organisation du FNDC, « à la suite d’une réunion tenue hier, mardi 16 août, au Palais Mohamed V, regroupant des membres du CNRD et du Gouvernement de transition, la décision a été prise de déployer l’armée sur toute l’étendue du territoire national pour étouffer toute contestation et réprimer dans le sang les manifestations des citoyens opposés à la gestion solitaire de la transition ».

Dans son communiqué sur cette réunion, le FNDC a écrit : « Afin de mettre en œuvre cette dynamique répressive, un message radio a d’ailleurs été passé par la nébuleuse CNRD aux autorités administratives ainsi qu’aux forces de défense et de sécurité à cet effet. L’instruction a donc été donnée de transformer le pays en un champ de guerre où la force des armes imposera sa loi, quitte à généraliser les tueries de masse et la destruction des biens publics et privés.

Ainsi, des militaires issus des différentes unités et lourdement armés ont envahi  les différents axes routiers du Grand Conakry ainsi que les artères et quartiers de plusieurs villes de l’intérieur du pays.

 Les localités qui prennent part à cette première manifestation d’envergure nationale du FNDC sont: Kaloum, Matam, Matoto, Ratoma, Dixinn, Coyah, Kindia, Forécariah, Tanènè, Kolaboui, Boké, Mamou, Labé, Dalaba, Pita, Kankan, Siguiri, Macenta, N’Zérékoré.

Dans la nuit du mardi au mercredi matin, des témoignages concordants,  audio et visuels,  ont fait état d’un déploiement sans précédent – comme en situation d’état de siège – des éléments des forces armées guinéennes dans les quartiers tout au long de la route le Prince et de certaines villes de l’intérieur du pays.

 Ce mercredi à 4h du matin, jour de la marche pacifique et citoyenne appelé par le FNDC, la police et la gendarmerie ont été déployées avec des personnes civiles en appui, tout au long de l’itinéraire de la marche sur l’autoroute Fidel Castro et la route le Prince pour empêcher et réprimer les citoyens pro démocratie de rejoindre le point de regroupement de la marche pacifique à la Tannerie à 9h00

Face à la volonté de la nébuleuse CNRD de gouverner au prix de la mort et du sang, le FNDC appel les Forces de défense et de sécurité à se désolidariser des plans répressifs du Colonel Doumbouya et de son gouvernement.

Le FNDC invite l’Armée, la police et la gendarmerie à assumer leur devoir républicain en pratiquant une désobéissance. Refusez d’être l’instrument meurtrier du CNRD. Ne soyez la main qui tuera l’espoir de vos enfants. Assumez la responsabilité devant l’histoire en refusant de soutenir la tyrannie.

Le comité d’organisation salue la détermination des citoyens pro démocratie à participer à cette marche pacifique dans le strict respect du guide du manifestant.

Le FNDC rappelle à l’opinion publique nationale et internationale que toutes ses actions s’inscrivent dans une démarche républicaine et que sa manifestation est pacifique.

Toutes les éventuelles dérives sécuritaires qui seront constatées seront le fait des FDS et des anti manifestants que le CNRD a mobilisé à l’occasion de cette journée de protestations citoyennes« .

Pour un analyste politique, « ce qui complique cette situation, c’est que les forces vives privilégient trop les manifestations alors qu’il est plus stratégique qu’elles s’entendent pour un chronogramme de la transition de 24 mois. Tout le monde sait que le CNT est en place depuis le 5 février dernier. Ils ont posé des actes, ils ont dépensé des milliards en se rendant dans toutes les préfectures pour rencontrer des citoyens. Donc, la transition a commencé le 5 mars. Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré peuvent faire bouger les choses dans le bon sens, en présentant un chronogramme de 24 mois qui intègrent les 10 activités identifiées par le gouvernement du CNRD. Mais s’ils sont pour le dialogue, ils doivent mettre tous leurs efforts dans ce sens. C’est comme cela qu’ils vont être mieux considérés par la CEDEAO et le reste de la communauté internationale« .

 

Oumou BARRY

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