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Guinée : pays du chauvinisme et du panafricanisme stériles au détriment du pragmatisme gagnant

Malgré le chauvinisme outrancier des guinéens qui viennent de célébrer avec faste, la soixante–quatrième anniversaire de son indépendance, le tableau sombre de ce que le pays a fait de son indépendance finit toujours par se placarder sur le visage de chaque guinéen.

Tenez, le projet d’organisation d’une Coupe d’Afrique des nations, créée depuis 1957, sans que la Guinée ne puisse organiser un seul des ses tournois, vient d’être retiré à la Guinée pour manque d’infrastructures.

Au même moment, le Sénégal à côté, un pays quasiment sahélien, s’apprête à organiser les 4èmes jeux olympiques de la jeunesse. Dakar sera ainsi, en 2026, la capitale non pas africaine, mais mondiale du sport de la jeunesse.

C’est cela qu’un pays ambitieux peut offrir à sa population en général et à sa jeunesse en particulier. Et pourtant, en matière de performance et même de palmarès sportif, la jeunesse guinéenne n’a rien à envier à la jeunesse sénégalaise.

La Guinée du Hafia FC a été sacrée à trois reprises, championne d’Afrique des clubs. Le syli national de Guinée de Chétif Souleymane, ballon d’or africain, a été finaliste de la coupe d’Afrique des nations en 1976 sur les hauteurs d’Addis Abeba face au Maroc de Ahmed Faras.

Le Maroc n’avait arraché la coupe au dépend de la Guinée qu’à la faveur d’un goal-average favorable. Sur le terrain, le match de la finale s’était soldé si je me trompe pas, par un score de parité 1 à 1.

Malgré tout, la Guinée n’a pu offrir à sa jeunesse, l’honneur et le privilège qu’elle mérite en étant capable d’organiser un événement sportif d’envergure africaine comme la coupe d’Afrique des nations.
Beaucoup des pays de la sous-région potentiellement, moins nantis que la Guinée l’ont fait: le Sénégal, le Mali, la Côte D’ivoire, le Ghana et même le Burkina Fasso un peu plus loin pour ne citer que ceux là.

Le seul atout dont ces pays ont disposé que la Guinée peine à en avoir, c’est des dirigeants patriotes dans le vrai sens du terme, ambitieux pour leur pays et capables d’être à la hauteur du minimum d’attentes de sa vaillante jeunesse.

Avec cette triste réalité guinéenne, le pays des paradoxes, si j’étais un homme politique qui a joué un rôle si minime soit-il et à quelque niveau que ce soit, j’aurais eu honte de ce bilan peu pour ne pas dire pas honorable.

Mais, le peuple étant dans sa majorité très peu exigeant à l’égard de ses dirigeants, chacun fait comme s’il n’a que des devoirs vis-à-vis de l’État et pas des droits.

Les dirigeants avec une attitude inverse, pensent que dans l’exercice de leurs fonctions respectives, n’ont que des droits et ne se sentent nullement redevables à qui que ce soit.

Cela est d’autant encrée dans la tête des guinéens que même quand l’État se montre incapable de doter le pays suffisamment d’infrastructures scolaires permettant de scolariser ses enfants; à l’ouverture de classes comme c’est le cas cette année, la population désabusée, préfère organiser la chasse aux sorcières en s’en prenant aux pauvres fondateurs des écoles privées en lieu et place des autorités en charge de l’éducation nationale. C’est incompréhensible comme attitude tant au niveau des gouvernements, qu’au niveau des gouvernés.
C’est cela l’exception guinéenne qui continue à voir des hommes se succéder à la tête du pays sans que le système qui l’a plombé depuis l’indépendance ne change. Au contraire, on fait comme si on peut changer le cour de son destin en persistant à faire la même chose. Décevant !

Par Sow Boubacar


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