Contre La sansure

« …il faut que les responsables du pays fassent preuve d’humilité et de responsabilité. » (Cellou D. DIALLO)

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Le président de l’UFDG et de l’ANAD était l’invité vedette d’Espace TV. C’était pour lui l’occasion de parler de la Justice guinéenne, des relations entre son parti et le RPG-AEC, de la situation sociopolitique du pays. 

D’emblée, il a souligné : « Nous (CNRD et ses alliés, Forces vives, ndlr) avons besoin d’un arbitrage d’une personnalité étrangère neutre relevant d’une institution dont la Guinée est membre. Et la plus proche, c’est la CEDEAO. Actuellement, aucun d’entre nous n’a une légitimité établie. La junte a pris le pouvoir par les armes. Nous, partis politiques, nous ne sommes pas des députés même si on connait le poids électoral de chacun. Le seul facteur discriminant accepté aujourd’hui dans le monde pour les partis, c’est le poids électoral. »

Si nombre d’observateurs conviennent que « le pays fait face à une crise très grave, conséquence de la gestion unilatérale du CNRD, son CNT et son gouvernement et il sera difficile « , estime un observateur, Cellou Dalein Diallo, lui, « pense que face à une crise aussi profonde et multiforme, il faut que les responsables du pays fassent preuve d’humilité et de responsabilité. Il faut qu’on se parle pour essayer de faire face au dénouement de ces crises. Et pour cela, il faudrait d’abord restaurer la confiance et la sérénité. On ne peut gouverner par la peur et par la violence. Il n’y a pas de légitimité, ceux qui sont au pouvoir l’ont conquis par les armes. L’assemblée est dissoute, le président qui était supposé élu a été déposé. Le CNT qui est là est supposé être consensuel, mais ce n’est pas toujours consensuel. »

« …l’opulence dans laquelle vit la classe dirigeante et la pauvreté dans laquelle croupisse la population sans perspectives… »

Insistant sur le fait qu' »aujourd’hui, il y a la restriction et la suspension même des libertés fondamentales », le président de l’UFDG souligne qu’on « n’a pas de visibilité sur le retour à l’ordre constitutionnel, il y a la corruption. On se souviendrait que le CNRD avait pris l’engagement de lutter avec détermination contre la corruption, en promettant que leur main ne tremblerait pas et qu’il n’y aurait pas de frère ni d’amis. Aujourd’hui, lorsqu’on voit les acquisitions de ceux qui nous dirigent, les acquisitions de terrain, les building qui se construisent, l’opulence dans laquelle vit la classe dirigeante et la pauvreté dans laquelle croupisse la population sans perspectives. C’est l’absence de perspectives et le désespoir qui constituent le problème. »

A-t-il confiance en la Justice guinéenne, il répond : « Non ! Je n’ai pas confiance… Je sais que les magistrats devant les nouvelles autorités au lendemain de la prise du pouvoir, étaient venus avouer qu’elle n’était pas neutre et indépendante. L’exécutif exerçait une pression sur les magistrats au point qu’ils ne rendaient pas toujours les décisions en fonctions de leur conviction. »
Fraternité exemplaire entre dirigeants de l’UFDG (Dr. Fodé Oussou Fofana) et du RPG AEC (Dr. Lansana Komara) à l’occasion du 16 ème anniversaire de l’accession démocratique de Cellou Dalein Diallo à la direction de l’UFDG.

Abordant le sujet relatif au relations UFDG RPG AEC, Cellou Dalein Diallo a expliqué : « nous avons des convergences de vue par rapport à la gestion de la transition. Nous avons au moins trois à quatre revendications communes. Nous avons voulu que les termes de la transition soient définis au cours d’un dialogue supervisé par la CEDEAO, parce qu’il y a une grande crise de confiance en Guinée. La junte soupçonne certains partis politiques d’avoir un agenda caché et que certains partis soupçonnent la junte d’avoir aussi un agenda caché. »

De l’avis d’un analyste politique, « Cellou Dalein, Sidya Touré, Alpha Condé devraient se rencontrer que ce soit à Dakar, Abidjan et surtout Abuja, siège de la Cedeao et pays qui assure la présidence annuelle de l’organisation, pour voir comment engager leurs partisans à élaborer ensemble un programme pour l’après décembre 2024…. Il faut que cette transition dans sa forme actuelle finisse le 31 décembre 2025. Donc, il faudrait bien que le CNRD, son CNT et sont gouvernement soient remplacés de façon consensuelle. Qu’on conserve les 81 membres actuels du CNT auxquels on va adjoindre 75 désignés par l’UFDG/ANAD (25), le RPG AEC et alliés, (20) FNDC-Politique (15), le FNDC dissout (7) et le FFSG et leurs alliés (8). Que Dansa Kourouma soit un des deux vice-présidents et qu’une personnalité comme l’ancien Ministre Khalifa Gassama Diaby soit le président et ce sera aux forces vives de désigner l’autre vice-président. »

Mamadou Alpha BAH                                                                                  collaboration B. O. MAHMOUD

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