Justice instrumentalisée, parti saboté : le CNRD joue un jeu dangereux avec la République
La Guinée assiste à une nouvelle dérive du pouvoir, confirmant ce que beaucoup redoutaient depuis longtemps: la justice n’est plus un contre pouvoir, mais bel et bien un bras armé du CNRD.
La récente décision judiciaire ordonnant la réintégration d’Ousmane Gaoual au sein de l’UFDG, alors qu’il en a été exclu pour de graves violations des statuts et règlements intérieurs, est une véritable aberration. Elle ne relève pas du droit, mais d’une volonté politique perverse de désintégrer ce parti de l’intérieur.
Les affaires internes d’un parti politique relèvent exclusivement de sa compétence. Point final. C’est un principe fondamental de toute démocratie digne de ce nom. Alors pourquoi cette justice, soudainement rapide et zélée, s’immisce-t-elle dans les décisions souveraines de l’UFDG ?
Parce que le CNRD cherche à saboter l’UFDG. Et pour ce faire, il utilise Ousmane Gaoual comme instrument. Cet ancien militant engagé est aujourd’hui devenu un relais du pouvoir, s’acharnant à diviser le parti qu’il prétend encore représenter.
Mais le plus choquant est ailleurs : Ousmane Gaoual est ministre de la République et porte-parole officiel du gouvernement. A ce titre, il est soumis à un devoir strict de neutralité. Pourtant, il mène une campagne politique ouverte, publique et virulente contre l’UFDG.
C’est une violation flagrante de la Charte de la Transition, qui interdit expressément à tout membre du gouvernement de s’impliquer dans des activités partisanes. Si M. Ousmane Gaoual tient tant à faire de la politique, qu’il démissionne de ses fonctions ministérielles et retourne sur le terrain, à la loyale.
Et qu’il se le tienne pour dit :
C’est peine perdue. Cette décision de justice n’engage en rien l’UFDG. Parti souverain dans ses décisions internes, il maintiendra son exclusion. Ironie du sort : c’est Ousmane Gaoual lui-même qui, en 2016, justifiait l’expulsion de Bah Oury en affirmant je cite :《Même si la justice nous demande de réintégrer Bah Oury, on l’exclura. Il n’est plus possible de collaborer avec lui 》 Aujourd’hui, il subit la logique qu’il défendait avec tant de conviction. Il sera exclu encore, car sa place n’est plus dans cette maison qu’il a tenté de brûler.
Le CNRD ne fait plus illusion. Il cherche à se maintenir au pouvoir en affaiblissant les forces d’opposition, en pervertissant les institutions et en étouffant le débat démocratique. Mais il oublie une chose essentielle : la conscience du peuple est éveillée. Et l’histoire ne pardonne jamais les abus de pouvoir.
《Quand le pouvoir manipule la justice et que la loi est violée par ceux-là mêmes qui prétendent la défendre, ce n’est plus un État : c’est une imposture.》
Abdoul Karim Diallo

Pour une Guinée libre, digne et souveraine
