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Le coup d’état du CNDD de Dadis était inopportun

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Dans une tribune que nous venons de publier (*), Ibrahima Sanoh recommande aux autorités de transition de notamment : « convier la justice à tenir dans des délais raisonnables deux procès importants : celui des personnes inculpées par des faits de corruption et de celles qui ont organisé des manifestations interdites…« .

Depuis plus d’un mois, se tient à Conakry le procès en lien aux douloureux événements du 28 septembre 2009 au cours desquels des dizaines de guinéens ont été massacrés par des forces militaires et paramilitaires guinéennes, plus d’une centaine de femmes violées par les mêmes éléments et de nombreuses personnes disparues. Le premier constat qui a été dressé, est que l’instruction de ce dossier souffre de nombreuses lacunes. D’importants acteurs, civils, militaires et paramilitaires de ce drame ne sont pas inquiétés.

Ce coup d’État perpétré le 22 décembre 2008, à la mort du Général Lansana Conté, qui présidait aux destinées du pays (3 avril 1984 – 21 décembre 2008), contrairement à celui du 5 septembre 2021, perpétré par Colonel Mamadi Doumbouya, était inutile. Certes que le Général-Président était dans un état grabataire et que les institutions ne fonctionnaient pas normalement, mais il reste que la situation sociopolitique n’était pas tendue comme celle que vivait le pays sous « Alpha Condé III« . Malheureusement, par le manque de courage des dirigeants des institutions, qui n’ont pas voulu appliquer les règles constitutionnelles, le coup d’État de Moussa Dadis Camara a été rendu possible grâce aux éléments du Bataillon Autonome des Troupes aéroportées (BATA) du Camp Alpha Yaya.

Me Lamine Sidimé, Président de la Cour suprême et ancien premier ministre, un des principaux rédacteurs de la Loi fondamentale de 1992, auraient dû faire constater, de commun accord avec les autres paliers du pouvoir, la vacance du pouvoir et ainsi éviter au pays les conséquences sociopolitiques et économiques de ce coup d’État inutile, qui a débouché sur des élections tripatouillées par la France, la francophonie, le silence coupable des États-Unis, le tout sous la direction de la Cedeao dirigée alors par Ibn Chambass. Le CNDD du Capitaine Dadis n’avait ni légitimité ni légalité. Le CNRD du colonel Doumbouya, même s’il a perdu sa légitimité, du fait de son installation dans ses fonctions de président de la Transition par la Cour suprême, garde sa légalité.

Les membres du CNDD, de son gouvernement et de leurs collaborateurs civils qui sont les seuls responsables de ces douloureux événements du 28 septembre 2009

Les organisateurs « des manifestations interdites » ne sont nullement responsables des massacres, viols et autres disparitions du 28 septembre 2009. Ce sont plutôt les membres du CNDD, de son gouvernement et de leurs collaborateurs civils qui sont les seuls responsables de ces douloureux événements, au cour desquels, il faut le souligner, Cellou Dalein Diallo a été brutalisé et laissé pour mort. Sans l’intervention d’Abdoulaye Wade, alors président du Sénégal, nul ne sait si aujourd’hui le leader de l’UFDG serait encore en vie.

Les autorités guinéennes, en décidant de conduire une transition excluant les véritables forces vives du pays et en cherchant à les empêcher de participer aux prochaines joutes électorales, ont plongé le pays dans une crise plus marquée que celle qui prévalait à leur prise du pouvoir le 5 septembre 2021. Vont-elles maintenant comprendre qu’un retour à l’ordre constitutionnel normal passe la mise en place d’institutions fortes inviolables, surtout celles des domaines législatif et judiciaire. Une CRIEF indépendante et juste est indispensable pour la saine gestion des biens publics, des tribunaux qui font respecter les Lois favorisent la paix, l’équité et la justice et la lutte contre l’ethnocentrisme, le régionalisme, la répression des forces militaires et paramilitaires.

Aujourd’hui le CNRD doit éviter le erreurs et fautes du CNDD du Capitaine Dadis et du Général Sékouba Konaté. Les autorités de la transition guinéenne doivent collaborer avec les forces vives réelles, regroupées au sein du Quatuor et de leurs alliés, pour mettre en place des institutions qui permettront d’organiser des élections inclusives et démocratiques.

 

Ibrahima Sory BALDÉ 

 

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