Le cri de cœur du Cardinal Robert Sarah : Pourquoi la Guinée doit retrouver son âme (Par Elhadj Aziz Bah)
Dans le tumulte des réformes institutionnelles et la quête effrénée des indicateurs de croissance, une voix s’élève pour nous rappeler l’essentiel. Le Cardinal Robert Sarah, fils de notre terre et conscience universelle, pose un diagnostic qui agit comme un électrochoc : l’impasse actuelle de nos sociétés n’est pas une simple défaillance technique ou politique, elle est le symptôme d’un vide intérieur abyssal.
Le mirage du progrès matériel
Pendant trop longtemps, nous avons cru que le développement d’une nation se mesurait uniquement au bitume de ses routes ou à la vigueur de son sous-sol. Pourtant, l’histoire nous enseigne qu’une nation sans boussole éthique est un colosse aux pieds d’argile. Comme le souligne le Cardinal, l’absence de valeurs spirituelles et d’une morale transcendante condamne un pays à une dégradation lente mais certaine. Un peuple peut posséder toutes les richesses du monde ; s’il perd son sens du Bien et du Vrai, il finit par s’effondrer.
La spirale du déclin : peur, division, haine
Le constat est lucide et sans concession : sans ce « supplément d’âme », la sphère publique devient le théâtre d’une lutte acharnée pour la survie et le pouvoir. Lorsque le sens du sacré et de la responsabilité devant l’Invisible s’efface, il est remplacé par des idoles destructrices : l’égoïsme tribal, la corruption systémique et la haine réciproque. La pauvreté que nous observons n’est alors plus seulement monétaire ; elle est une pauvreté du cœur qui engendre la peur de l’autre et fragilise notre tissu social.
Pour un nouveau contrat social fondé sur la Morale
Le relèvement de la Guinée ne passera pas uniquement par les urnes ou les décrets. Il exige une véritable révolution des consciences. Il s’agit de replacer la probité, l’altruisme et la crainte de Dieu, ou, pour les plus laïcs, le respect d’une éthique universelle au centre de l’action publique. C’est un appel à sortir de notre zone de confort pour embrasser une croissance qui soit aussi humaine que technique.
Le temps du choix et de l’audace
Le message du Cardinal Robert Sarah n’est pas une simple lamentation ; c’est un appel à l’insurrection des consciences. Le relèvement de la Guinée ne viendra pas d’une énième aide extérieure, mais d’une décision radicale : celle de placer l’intégrité morale au-dessus du gain immédiat.
L’heure n’est plus aux vœux pieux, mais à l’action structurelle :
Dans nos écoles : Réintégrons l’instruction civique et morale comme une priorité absolue pour forger des citoyens intègres avant d’en faire des consommateurs.
Dans nos institutions : Imposons une éthique de la responsabilité où le service public redevient un sacerdoce et non un privilège de précurseur.
Dans nos foyers : Redonnons vie aux valeurs de vérité et de respect qui sont le ciment de toute civilisation durable.
C’est à ce prix, et à ce prix seul, que nous briserons la spirale de la peur et de la haine. Choisissons aujourd’hui de rebâtir sur le roc des valeurs spirituelles pour que la Guinée retrouve enfin son âme et sa grandeur.
Il est temps de se relever. Le sursaut commence par vous.
A bon entendeur salut ! D’ici-là, merci de contribuer au débat.
Elhadj Aziz Bah

Note de l’auteur : Tribune publiée dans l’intérêt du débat public et de la liberté d’opinions. Acceptons la pluralité d’idées. Pas d’injures, et rien que d’arguments.
