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« Le Mali s’est bien préparé pour le sommet d’Accra, le Burkina à peine et Guinée pas du tout »

Dans moins de 72 heures, à Accra, va se dérouler le Sommet des chefs d’États de la CEDEAO. Même si le délai de 24 mois que s’est octroyé la junte du Mali est jugé plus long que celui que souhaitait la CEDEAO, les chances de le voir accepter par le sommet sont grandes, en raison du lobbying en faveur du Mali effectué par le président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé. Et ces 24 mois pourraient également être octroyés aux juntes de Guinée du Burkina Faso.

C’est au Mali que la CEDEAO a exercé une forte pression sur les tombeurs du Président Ibrahim Boubacar Keïta. Parvenant même à leur imposer un Président et un Premier ministre de la Transition et, en n’accordant à leur chef, Colonel Assimi Goïta, qu’un poste de vice-président, aux pouvoirs réduits. N’eut-été des maladresses du Président de la transition, le Général à la retraite Bah N’Daw et de son Premier ministre, Moctar Ouane. qui ont procédé à un remaniement sans le (Assimi Goïta) consulter pour évincer les colonels Sadio Camara et Modibo Koné, proches du vice-président (Assimi Goïta), qui occupaient les ministères de la défense et de la sécurité, la transition malienne aurait été sur le point d’être achevée, par des élections démocratiques, comme le pays en a connu entre 1992 et 2010.

C’est à Lomé que les putschistes maliens sont allés chercher de l’aide pour que la CEDEAO accepte un transition de deux années, ayant commencé mi-mars dernier. Ils ont adopté un chronogramme précis pour motiver cette durée de transition. Gros problème, ils ont apporté des modifications pouvant leur offrir la possibilité d’être candidats. Cette disposition pourrait tout remettre en jeu car, pour des élections sincères, inclusives, il faudrait que ces officiers, comme prévu dans la charte de transition, ne soient pas candidats, surtout pour la Magistrature suprême.

Au Burkina Faso, la situation sécuritaire, qui a motivé le renversement du Président élu, Roch Marc Christian Kaboré, ne fait qu’empirer. Les nouvelles autorités ne parviennent pas à trouver de solutions. Certains observateurs se demandent même comment elles parviendront à stabiliser la situation avant la fin d’année, pour ne pas être davantage bousculés par la colère, notamment celles des centaines de milliers de « réfugiés internes« . Le chronogramme de trois années qu’elles veulent s’accorder ne passe pas au sein des forces vives du pays (Partis politiques et mouvement sociaux).

L’Alliance Ensemble pour le Faso, dans une déclaration, informe de cinq (5) points, informe qu’elle « rejette l’agenda électoral qui fixe les élections au mois de février 2025 (1); Maintient sa position pour une durée de la transition n’excédant pas 24 mois à compter de la date de prise de pouvoir par les militaires le 24 janvier 2022 (2) ; Invite les autorités de la transition qui ne disposent d’aucune légitimité populaire à traiter avec plus d’égards les acteurs socio-politiques, cela peut contribuer à cette cohésion sociale qu’elle souhaite du bout des lèvres, et a plus de stabilité au moment où le pays traverse de profondes turbulences (3); Encourage les autorités de la transition à recadrer les objectifs de la transition en se concentrant sur les questions sécuritaires conformément à l’Appel du 29 juin 2022 des Hautes autorités de la chefferie traditionnelle (4) ; Invite à la création d’une cadre de dialogue politique sincère où doivent être discutées les questions relatives à l’agenda électoral et aux reformes électorales et politiques en vue de la refondation de notre pays (5)« .

En Guinée, la junte a multiplié les erreurs, en trébuchant de nombreuses fois. Elle n’a jamais voulu collaborer avec les forces vives et, comme l’estime un analyste, « Doumbouya et ses camarades ont été récupérés par des acteurs politiques et sociaux, qui ne pèsent rien, mais qui les ont engagé sur les voies de l’ethnocentrisme et du régionalisme. Ils croient que la Guinée, parce qu’elle une façade maritime et des minerais pourrait supporter les sanctions. Les sanctions font mal à des pays qui ont des façades plus importantes et qui ont du pétrole. Mais ils sont mal en point. Regardez l’Iran… Donc, notre pays n’a rien préparé pour ce sommet. Le pays va être sanctionné et, dans le meilleurs des scénarios un délai de 24 mois lui sera accordé. La CEDEAO va donner à chacun ces 24 mois et être rigoureuse sur le respect des chronogrammes« .

A Conakry, dans les milieux politiques, le chronogramme détaillé produit le gouvernement de transition fait la UNE. Le G58, le RPG a-e-c et ses alliés et leurs forces sociales devraient s’en inspirer pour le proposer aux autorités de la transition. De dire qu’ils ont soumis des mémorandums et différentes propositions et qu’ils n’en feront pas d’autres ne suffit pas. Ils gagneraient beaucoup s’ils prenaient le modèle malien pour l’adapter aux 10 étapes du plan préparé par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) et ainsi définir un chronogramme de 18 à 20 ne devant pas excéder 24 mois.

 

Brehim Ould MAHMOUD

 

 

(*) https://guinafnews.org/mali-satisfecit-de-la-societe-civile-pour-le-chronogramme-des-reformes-et-des-elections/

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