Le P.M. Mohamed Béavogui tient le même discours qu’Alpha Condé

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En préparation de son coup d’État constitutionnel, l’ex président Alpha Condé avait passé quelques semaines aux Etats-Unis en septembre 2019, d’où il avait demandé à ses partisans de se préparer aux affrontements. A N’Zérékoré, hier, le P.M. de la transition, Mohamed Béavogui, a demandé aux jeunes, de ne pas prendre part aux manifestations, pour ne pas être tués.

En analysant les propos de l’un (Alpha Condé) et de l’autre (Mohamed Béavogui), on constate que leurs discours sont semblables. Chacun laisse entendre que les forces militaires et paramilitaires, à la demande du gouvernement, vont tirer sur les populations, comme celles-ci le font depuis le régime du sinistre Sékou Touré (2 octobre 1958 au 2 avril 1984), qui a entraîné le pays dans la mauvaise gouvernance (détournements, dictature, népotisme, etc.).

Le 5 septembre dernier, en prenant la responsabilité de déposer Alpha Condé, président mal élu, Colonel Doumbouya et ses camarades ont ouvert des voies de réconciliations entre les forces militaires et paramilitaires de Guinée et les populations. Alors que les populations respiraient le nouvel air de libertés, rapidement, ceux qu’il est convenu, depuis quelques mois, d’appeler ‘les mains noires‘, sont sortis pour fermer ces voies et prendre en otage le CNRD, organisation créée par les tombeurs du régime d’Alpha Condé.

On croyait que le P.M. Mohamed Béavogui ne faisait pas partie de ces mains noires et qu’il gardait sa liberté, prêt à libérer son fauteuil de « premier des ministres » à ceux qui font tout l’éjecter et prendre sa part. Dans la capitale de la Guinée forestière, il s’est révélé comme étant un des principaux acteurs du mouvement de confiscation du pouvoir en Guinée, sans chercher à savoir les conséquences de sanctions qui pourraient être prises contre la Guinée très bientôt par la communauté internationale.

Tout contre Sidya et Cellou

Les nouvelles autorités guinéennes semble privilégier tout ce qui pourrait empêcher l’organisation d’élections libres, inclusives et transparentes. Elles ont essayé de procéder par la limitation de l’âge et ont rapidement compris qu’elles ne parviendront pas à le faire. Elles ont engagé la bataille de la récupération des biens de l’État et se sont rendus à une autre évidence : ce sont plus des dignitaires des anciens régimes, dont Cellou Dalein, mais davantage de ceux originaires de la Haute-Guinée, qui en seraient les victimes.

Pour un commentateur, « Mohamed Béavogui a souligné que ça me fait mal au cœur, quand vous regardez les réseaux sociaux ou la télévision et que vous voyez des enfants mourir, voir des brulés, blessés et des maisons détruites. Ça fait très mal« . A-t-il cherché à savoir pour quelles raisons ces tristes événements, qui ont été marqués par la mort de centaines de personnes, toutes tuées par les forces militaires (commandées par les Capitaines Moussa Dadis Camara et Ousmane Conté, fils du Général Président) , se sont produits ? Sans doute que non. A-t-il oublié que suite à ces événements, il était l’une des quatre personnalités proposées pour diriger le gouvernement de consensus ? Sans doute que oui.

Aujourd’hui, faisant partie du groupe qui dirige le pays, n’aurait-il pas mieux fait de promouvoir les pistes de règlements des conflits, plutôt que de demander aux jeunes de ne pas exercer un droit constitutionnel pour exiger une meilleure gouvernance ? Les jeunes dont ils parlent ne sont-ils pas des membres et dirigeants des forces sociales, qui luttent pour une meilleure répartition des richesses du pays ? Des jeunes qui exigent aux nouveaux dirigeants de faire leurs déclarations de biens comme le stipulent les lois en vigueur ?

Manifestation populaire contre le régime d’Alpha Condé. Les Guinéens ne manifestent pas pour une personne mais pour leurs intérêts socioéconomiques.

 

Mohamed Béavogui devrait réaliser que la mise en place d’un Cadre de dialogue permanent est ce que souhaitent les représentants de la majorité des guinéens. Pourquoi ne pas transformer le cadre de concertation qu’ils ont mis en place en cadre de dialogue permanent et cesser d’agir illégitimement au nom des Guinéens. Pourquoi freiner le développement du pays ? N’est-ce pas eux qui sont prêts à faire tuer les jeunes que lui le Premier Ministre invite à ne pas prendre part aux manifestations de revendication pour une meilleure gestion du pays ?

Des milliards de recettes, mais rien ou presque dans les caisses de l’État

Dans son discours, le P.M. de la transition a informé que « l’année dernière, nous avons exporté 100 millions de tonnes de bauxite. Cela représente entre 6 et 8 milliards de dollars. Vous savez ce que la Guinée a gagné dans ce montant ? Presque rien. Pendant ce temps, il n’y a pas de routes et d’écoles (…) nous avons décidé de renégocier certains aspects du projet Simandou. Parce qu’on veut que Simandou profite aux jeunes guinéens. C’est pour vous dire que le CNRD et son gouvernement sont là pour vous. Alors nous vous tendons la main, travaillons ensemble ».

Pour un analyste politique, « le CNRD aurait dû mettre en place une structure pour analyser les contrats miniers et voir comment les contrats ont été ficelés et voir pourquoi les recettes ont été nulles. Mais prendre des professionnels pour le faire et non des amis et parents. Mais des comptables agréés, des guinéens sont nombreux à pouvoir le faire professionnellement. Le président de l’UFD, Bah Mamadou Baadiko par exemple…« .

Poursuivant, cet analyste, souligne que « ce pouvoir fait tout pour confisquer le pouvoir, afin de préparer un des leurs à diriger un parti qu’ils vont créer. Donc, il faut tuer l’UFDG, le RPG a-e-c et l’UFR. On veut créer un dossier de crimes économiques contre Cellou Dalein. Celui-ci attend au lieu d’attaquer. Cellou doit attaquer les dossiers le concernant même indirectement qui sont transmis à la CRIEF. Il doit mettre en demeure les auteurs des audits et les juridictions qui s’en occupent sans avoir procédé aux vérifications. Car c’est de la diffamation…« .

 

Brehim Ould MAHMOUD (collaboration Mamadou B. BAH)

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