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« Les forces vives réelles doivent aller au dialogue, mais se retirer si … »

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Une lecture simple du projet de Termes de références pour les travaux du Cadre de dialogue inclusif inter-guinéen, que le gouvernement compte organiser du 24 novembre au 15 décembre 2022, devrait convaincre les forces vives réelles de prendre part à ce dialogue, comme elles l’avaient fait le 27 juin dernier, mais se retirer si celui-ci n’abordait pas les sujets portant sur leurs revendications. À elles de démontrer, avant le début du dialogue, la nécessité d’identifier les parties au dialogue plutôt que la formation de groupes thématiques. 

Si le document de projet de TDR indique que « le Premier Ministre chef du gouvernement coordonne avec le médiateur de la CEDEAO toutes les activités du cadre de dialogue par l’entremise d’un secrétariat technique conjoint« , cela n’assure pas l’équilibre entre les parties réelles qui doivent dialoguer. Il aurait très simple que le CNRD, son gouvernement et son CNT, qui sont identifiés comme parties au dialogue dans le projet de TDR préparé par les facilitatrices, comprennent qu’ils ne pourraient diriger le dialogue en étant des parties audit Cadre de dialogue.

Depuis toujours et ce, bien avant la classe politique, guinafnews.org a estimé que seulement deux parties devraient être face à face pour dialoguer des problèmes de la transition avec un arbitrage du Médiateur nommé par la Cedeao, avec comme observateurs les partenaires techniques et  financiers du pays, notamment ceux du G5 Guinée (Cedeao, Nations-Unies, Union européenne, France et États-Unis). Le CNRD, son gouvernement, son CNT et les forces vives qui partagent les mêmes vues qu’eux, d’une part comme première partie. Le Quatuor (devenu Trio par le retrait volontaire de la CORED) et les autres forces politiques et sociales, notamment le Forum des forces sociales de Guinée (FFSG) d’autre part.

Ce n’est pas en boudant le Cadre de dialogue dit inclusif que les forces vives réelles vont se faire entendre par le CNRD et ses alliés, décidés plus que jamais à imposer leurs rythme et conditions à la CEDEAO. La réponse que la CORED a refusé de signer, c’est à l’ouverture des travaux ou, à défaut de pouvoir le faire à la cérémonie de lancement du Cadre de dialogue, que l’ANAD, le RPG AEC, le FNDC-Politique et les FFASG devraient le faire.

La CEDEAO doit être arbitre et non spectatrice

Aussi, pour un dialogue franc, sincère et inclusif, la CEDEAO doit être arbitre et non spectatrice de ce cadre de dialogue. Le Médiateur qu’elle a désigné ne devrait pas se limiter à accompagner le CNRD, son gouvernement (et ses facilitatrices) et son CNT dans leur plan de confiscation du pouvoir. S’il ne s’agit pas de répéter le scénario du Cadre de concertation de mars et avril derniers, qui s’est tenu en l’absence des principales forces politiques et sociales du pays, la Cedeao doit exiger du CNRD et de son gouvernement de s’appliquer à mettre à jour le chronogramme de 24 mois, en précisant que le décompte partira du 20 juillet 2022, date à laquelle le président en exercice de l’organisation a fait accepter ce délai aux autorités de la transition, par l’entremise du Président de la Transition, Colonel Doumbouya.

Pour nombre d’observateurs et d’acteurs de la scène politique guinéenne, « la Cedeao a peur du CNRD. Elle a les moyens d’imposer des solutions à tout gouvernement membre, surtout lorsque ce sont les populations qui le demandent. Au Mali, ces sanctions ont commencé à porter fruit. Mais elles étaient mal élaborées, vu qu’elles frappaient beaucoup de secteurs. Ce qu’ils faut, c’est empêcher les dirigeants de la transition et leurs familles de voyager, y compris pour des soins, vu que Doumbouya a inauguré l’hôpital ultra moderne de Donka. Arrêter les financements et exiger aux entreprises minières d’arrêter toutes transactions financières avec le pouvoir. Rapatrier en Guinée les familles des dirigeants de la transition qu’ils soient membres du CNT, du CNRD, du gouvernement, y compris les gouverneurs, préfets et sous-préfets … »

Dr. Diallo Ibrahima Sory, Coordinateur du Bloc de l’opposition constructive (BOC)

Pour Dr. Ibrahima Sory Diallo, dont les propos sont rapportés par visionguinee (*) « le dialogue n’a plus de sens. Nous allons discuter de quoi si la CEDEAO a déjà réglée le point le plus important avec la junte ? Aujourd’hui, il ne reste plus qu’à savoir quand débutera la transition parce que la CEDEAO est déjà d’accord avec la durée de 24 mois. Donc, la CEDEAO a trahi la classe politique guinéenne (…) Quand on vient pour une médiation il faut travailler avec toutes les parties. Normalement, avant d’arrêter un chronogramme de transition, il fallait consulter les forces vives de la nation conformément à ce que prévoit la charte de la transition. Malheureusement, on a vu le contraire avec la CEDEAO ».

Poursuivant, ce leader politique reconnu comme étant proche des nouvelles autorités guinéennes, estime que « la CEDEAO court derrière la junte au pouvoir. Si elle valide le début du chronogramme de 24 mois en janvier, c’est le CNRD qui aurait gagné et les guinéens n’auront que leurs yeux pour pleurer« .

Le 4 décembre prochain, les chefs d’États de la CEDEAO seront en sommet à Abuja. Comment vont-ils s’entendre pour fixer la date du début du chronogramme des 24 mois ? Vont-ils convenir que cette transition a commencé depuis le 11 mai 2022, date de l’adoption par le CNT d’un chronogramme de 36 mois (qui ont été réduits à 24 mois) ? Vont-ils choisir le 20 juillet 2022, date de la visite du président en exercice de la CEDEAO à Conakry pour présenter le Médiateur ? Vont-ils prendre en compte que le rapport qui sera présenté par le Médiateur Thomas Boni Yayi ne comporte pas les avis des forces vives de la nation, notamment la classe politique et le FFSG ?

Ibrahima Sory BALDÉ

(*) https://www.visionguinee.info/transition-en-guinee-un-ex-depute-accuse-la-cedeao-davoir-trahi-la-classe-politique/

 

 

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