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M. Mandian Sidibé : Et si le CNRD revoyait sa copie ?

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Dans une tribune que vous avez publiée dans différents médias guinéens, sous le titre « Et si la CEDEAO revoyait sa copie ? », vous soutenez que : « la CEDEAO se doit de revoir sa copie quant aux fameuses sanctions arbitrairement infligées à la Guinée. On ne peut pas être plus royaliste que le roi. Autrement, le CNRD et son Président sont acceptés par l’écrasante majorité des Guinéens. Sans compter que les actions entreprises, dans le cadre de la refondation de l’État et la moralisation de la chose publique, par le Colonel Mamadi Doumbouya, sont unanimement bien accueillies par la population guinéenne. Que voulez-vous de plus? Céder aux sirènes de politiciens n’ayant plus rien à démontrer à leurs compatriotes ? Soyons sérieux, un peu de respect et de compassion pour le Peuple martyr de Guinée« .

Êtes-vous sûr que les actions du CNRD et de son président, comme vous le dites, « sont unanimement bien accueillies par la population guinéenne ? ». Ce n’est pas l’avis de la quasi totalité des Guinéens. Malheureusement, Colonel Mamadi Doumbouya, dont c’est le discours du 5 septembre 2021, (lors du renversement du régime d’Alpha Condé par le Groupement des Forces spéciales), qui avait été salué a été convaincu par certains de ses proches collaborateurs, vous compris, de ne pas se hâter pour un retour à l’ordre constitutionnel et d’engager une chasse aux sorcières contre les forces vives et une guerre contre la presse qui commente, analyse librement, objectivement…

Monsieur Mandian Sidibé,

Le CNRD et son gouvernement pouvaient faire éviter à la Guinée et aux Guinéens les sanctions, que vous qualifiez d’ « incompréhensibles, illégitimes, illégales et contre-productives que les dirigeants des pays de la sous-région viennent d’infliger, injustement… ». Ils n’avaient qu’à s’inspirer de ce que la junte du Burkina Faso a convenu avec la CEDEAO, une transition de 24 mois. Un délai (24 mois, ayant commencé en mars dernier), qui a été demandé par les putschistes de Bamako. Cette transition d’une durée de 24 mois n’est pas une exigence de la CEDEAO. Les Chefs d’États de la CEDEAO, dans un souci d’équilibre, ont ainsi accordé aux juntes du Burkina Faso, du Mali et de la Guinée ce délai de 24 mois. Dans le cas guinéen, ce délai a-t-il commencé le 5 février 2022, avec l’installation du CNT ?

Vous avez raison de dire que : « la CEDEAO qui, faut-il le rappeler, a volontairement fermé les yeux, en 2020, sur le coup d’Etat constitutionnel à l’origine du troisième mandat illégal et controversé de l’ancien Président Alpha Condé« . Mais quand vous ajoutez : « Une violation flagrante et inacceptable de la Loi Fondamentale qui a obligé, le 05 septembre 2021, le Colonel Mamadi Doumbouya et ses frères du CNRD à prendre leurs responsabilités historiques, afin de libérer les Guinéens d’un régime autocratique et refonder radicalement l’Etat pour qu’on ne parle plus jamais de transition dans notre pays, après celle qui est en cours« , vos arguments ne tiennent pas la route.

C’est le 22 mars que Colonel Mamadi Doumbouya, ses Forces spéciales et les autres troupes militaires et paramilitaires auraient dû, comme vous le dites plus haut, « prendre leurs responsabilités historiques, afin de libérer les Guinéens d’un régime autocratique et refonder radicalement l’Etat… ». Mais le faire à la veille du premier anniversaire du hold-up de la présidentielle du 18 octobre 2020, après avoir imposé les résultats fabriqués par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), validés par la Commission électorale et légalisés par la Cour constitutionnelle, appelle à plusieurs interrogations et à un constat : le coup d’État du 5 septembre 2021 n’a pas été pour libérer le peuple et organiser des élections démocratiques, après avoir mis en place des institutions républicaines inviolables.

Monsieur Mandian Sidibé,

C’est à vous, civils et militaires proches du CNRD et non à la CEDEAO, comme vous le dites : « d’examiner avec lucidité, responsabilité, sans passion, le contexte et la particularité de la situation qui prévaut en Guinée« , pour accepter de mettre en place un cadre de dialogue inclusif et permanent pour trouver les solutions aux problèmes sociopolitiques et économiques de la Guinée. En le faisant, la CEDEAO et le reste de la communauté internationale vont lever les sanctions qui, même si elles pourraient avoir des conséquences sur le quotidien des guinéens, qui tirent depuis longtemps le diable par la queue, feront plus de mal aux nouvelles autorités (CNRD, Gouvernement, CNT et autres tireurs de ficelles et fossoyeurs de l’économie nationale).

C’est au CNRD et non à la CEDEAO de revoir sa copie. Et ceux que vous qualifiez « de politiciens n’ayant plus rien à démontrer à leurs compatriotes« , vous le savez sans aucun doute, ont la reconnaissance du ‘Peuple martyr de Guinée‘. Et vous vous trompez quand vous affirmez : « Malgré la réaction négative de la CEDEAO, la Guinée, sous la houlette et le leadership du Président de la République, Chef de l’Etat, Commandant en Chef des Forces armées, Son excellence le Colonel Mamadi Doumbouya, avance doucement et sûrement vers une Démocratie véritable, vers un Etat de Droit où la justice, indépendante, jouera pleinement son rôle de contre-pouvoir« .

Pour une démocratie véritable, le CNRD doit changer ses méthodes de conduite des affaires. Cela passe par la création d’un Cadre de dialogue inclusif, permanent et surtout indépendant. Idéalement, cela devrait consister à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, désigné moitié par le CNRD et l’autre moitié par le groupe des forces politiques que constituent l’ANAD, le RPG AEC, le Fndc-Politique et la CORED. Ensuite, comme nous l’avons régulièrement suggéré, recomposer le CNT en ajoutant aux 81 membres actuels, dont au moins 75 sont acquis au CNRD, 68 autres désignés par le groupe ANAD, RPG AEC, Fndc-Politique, CORED et leurs forces sociales. Sur le même mode de composition, mettre en place des Conseils de transition au niveau régional, préfectoral et sous/préfectoral, pour que les propositions de réformes soient discutées de la base vers le sommet.

Ibrahima Sory BALDÉ

 

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