Contre La sansure

Mali-Algérie : Assimi Goïta accepte l’invitation de Tebboune

0
Le président malien de la Transition, Assimi Goïta, a accepté l’invitation de son homologue Abdelmadjid Tebboune à effectuer une visite officielle en Algérie. Sans calendrier annoncé, cette rencontre portera au niveau présidentiel le rapprochement engagé en juillet après quinze mois de crise diplomatique.
Le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta, a donné son accord pour effectuer une visite officielle en Algérie, a annoncé lundi 24 août le Premier ministre Abdoulaye Maïga à l’issue d’une audience avec le président Abdelmadjid Tebboune.
Le chef du gouvernement malien était porteur d’un message d’Assimi Goïta à son homologue algérien. Dans ce courrier, le dirigeant malien remercie Abdelmadjid Tebboune pour son invitation, considérée comme « une marque d’affection et de considération » à son endroit et envers le peuple malien.
« Il a marqué son accord à effectuer cette visite officielle à Alger », a déclaré Abdoulaye Maïga, précisant que les dates seraient convenues par les canaux diplomatiques habituels. Aucun calendrier, accord sectoriel ou nouveau mécanisme bilatéral n’a été annoncé à l’issue du déplacement.

Un rapprochement au sommet

L’acceptation de cette invitation constitue le principal résultat politique de la visite d’Abdoulaye Maïga. Elle ouvre la voie à une rencontre directe entre les deux chefs d’État, après le rétablissement des canaux diplomatiques intervenu le 10 juillet.
Les deux pays avaient alors annoncé le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leurs espaces aériens respectifs. Ces mesures avaient levé les principales restrictions imposées après la destruction, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, d’un drone malien près de leur frontière commune.
Alger avait affirmé que l’appareil avait pénétré son espace aérien. Bamako avait rejeté cette version et dénoncé un acte hostile. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient ensuite rappelé leurs ambassadeurs en Algérie, avant une mesure réciproque d’Alger et la fermeture des espaces aériens.
Les tensions étaient toutefois antérieures à cet incident. En décembre 2023, Bamako avait reproché à Alger ses contacts avec des responsables des anciens mouvements armés du nord et la réception de l’imam Mahmoud Dicko. En janvier 2024, le gouvernement malien avait mis fin à l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, invoquant notamment des actes d’hostilité et des ingérences attribués à la partie algérienne.
À Alger, Abdoulaye Maïga a insisté sur la permanence du voisinage entre deux pays qui partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière. Reprenant une formule du président Tebboune selon laquelle aucun d’eux ne pouvait « déménager », il a estimé que le Mali et l’Algérie étaient « condamnés à cheminer ensemble » et à œuvrer pour la prospérité de leurs populations.
Le Premier ministre a également rapporté que le président algérien avait réaffirmé le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays voisins. Cette assurance répond à l’un des principaux griefs ayant alimenté la crise entre Bamako et Alger.

Une relation à redéfinir

La proximité géographique s’accompagne d’un long historique de médiations algériennes dans les crises du nord du Mali. Alger a notamment accueilli ou conduit les processus ayant abouti aux accords de Tamanrasset en 1991, à l’Accord d’Alger de 2006 puis à l’Accord pour la paix et la réconciliation de 2015. Cette antériorité explique le poids particulier de l’Algérie dans le dossier malien, sans lui conférer un mandat automatique dans le nouveau contexte régional.
Le rapprochement ne signifie donc pas un retour au dispositif antérieur. Aucune déclaration n’a évoqué une réactivation de l’Accord de 2015 ou le rétablissement du rôle de médiateur autrefois exercé par Alger. Les deux capitales semblent privilégier, à ce stade, une relation directement conduite par les États et fondée sur le respect de leur souveraineté.
Un autre désaccord de fond demeure en arrière-plan. Le 10 avril 2026, le Mali a retiré la reconnaissance qu’il accordait depuis 1980 à la République arabe sahraouie démocratique et apporté son soutien au plan marocain d’autonomie sous souveraineté marocaine. Cette orientation, réaffirmée en juillet, contraste avec celle de l’Algérie, qui soutient le Front Polisario et le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Le Sahara occidental reste inscrit par les Nations unies sur la liste des territoires non autonomes, dans l’attente d’un règlement politique de son statut.
La question n’a pas été publiquement évoquée lors de l’audience du 24 août. La poursuite du rapprochement montre néanmoins que les deux voisins ont choisi de renouer le dialogue sans le subordonner à un alignement préalable sur l’ensemble des dossiers régionaux.
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?