ONU : Le courage des chaises vides
Dans une tribune de l’encensoir, publiée sur mediaguinee.com, se disant envoyé spécial,
Mamadou Savané écrit :
« Le président Mamadi Doumbouya a porté son choix sur le Général Amara Camara pour diriger la délégation guinéenne à la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU. »
Mais Bah Oury, Premier ministre en titre, a été humilié et recalé. C’est une des rares fois qu’un “chef de gouvernement” est muselé au point de ne pas être autorisé à prendre la parole. Premier ministre de l’ombre, sans voix, sans micro.
Savané encense :
« Amara Camara est un ministre courageux, loyal et travailleur. »
Courageux ? Oui, d’avoir parlé à des rangées vides.
Loyal ? Oui, uniquement à celui qui l’a envoyé soliloquer.
Travailleur ? Peut-être, mais surtout dans l’art de réciter un discours qu’aucun auditoire n’a entendu.
Savané insiste :
« Sa voix a porté à la tribune. »
C’est vrai : elle a porté… jusqu’au mur du fond. Les images sont implacables : Amara Camara s’est entendu lui-même, dans une salle fantôme. Voilà ce que Savané appelle “porter une voix”
Et Savané conclut, en extase :
« La Guinée a été dignement représentée. »
Oui, dignement représentée devant des chaises vides. Le mot juste, c’est le ridicule. Une diplomatie de l’écho : ils parlent, ils s’écoutent, ils se croient entendus.
Les absents de l’encens
– Bah Oury : jeté à terre, effacé par ses propres maîtres.
– Morissanda Kouyaté : présent dans la délégation mais effacé, sans rôle ni câlin présidentiel à brandir. Son brevet d’accolade est périmé.
– Le peuple guinéen : interdit de politique et de médias, pendant que ses dirigeants se ridiculisent à New York.
Le contraste brutal
Pendant que Mamadou Savané encense “le courage” d’un discours devant des chaises, l’ONU, elle, somme la junte de lever les interdictions politiques et médiatiques avant les élections (koumamedia). Voilà le vrai message diplomatique.
Bref, Mamadou Savané, “envoyé spécial”, n’a pas rédigé un reportage : il a écrit un certificat de ridicule.
Entre ses louanges fumeuses et les photos de la salle vide, la Guinée de Doumbouya apparaît nue : sans alliés, sans audience, sans crédibilité.
Le monde n’a pas écouté Amara Camara.
Le monde a vu des chaises vides.
Alpha Issagha Diallo
Envoyé spécial du ridicule constaté
Chroniqueur agréé des salles vides
