Ousmane Gaoual Diallo : l’homme aux mille postures et au bilan introuvable
Faut-il vraiment consacrer de l’encre à Ousmane Gaoual Diallo ? Le laisser s’éteindre doucement dans le crépuscule de son insignifiance politique relèverait sans doute d’une plus grande charité. Mais le spectacle de son autoparodie est devenu si fascinant qu’il est désormais impossible de détourner le regard.
Une trêve de lucidité s’impose. Hier tribun écouté, le voilà ravalé au rang de phénomène comique national. À force de voltiger d’une conviction à l’autre avec la souplesse d’un caméléon sous amphétamines, il a réussi l’exploit d’y perdre son identité, sa boussole et jusqu’à sa propre ombre.
Il n’y a pourtant aucune gloire à décrocher un portefeuille ministériel quand la principale fiche de poste se résume à dénigrer, invectiver et réciter, sur commande, les éléments de langage du moment. Le drame du mercenariat politique réside dans sa date de péremption. Si ses nouveaux parrains applaudissaient hier chacune de ses attaques contre Cellou Dalein Diallo pour rentabiliser son transfert, eux-mêmes frôlent aujourd’hui l’overdose. On peut exploiter l’utilité d’un exécutant ; à la longue, personne ne souhaite le conserver dans son salon.
Son bilan administratif ? Un nomadisme ministériel d’une vacuité remarquable, un moulin à paroles, des annonces en cascade et un vacarme assourdissant. Quant aux réalisations concrètes, elles demeurent introuvables. Distribuer des piques à l’opposition peut certes rapporter des décrets, des applaudissements et quelques médailles en chocolat ; mais cela n’a jamais rempli la marmite des Guinéens, ni construit une école, ni créé un emploi, ni amélioré le quotidien d’une population exigeant autre chose que des joutes verbales.
Le contraste frôle désormais la comédie bouffonne. Pendant qu’Ousmane s’épuise en imprécations sur les plateaux de télévision pour tenter d’exister, Cellou Dalein s’affiche dans les tribunes de Roland-Garros aux côtés d’investisseurs et de décideurs influents du Vieux Continent, avant de s’envoler pour les États-Unis. Les uns affinent leur stature et leur réseau international ; l’autre gratte désespérément quelques minutes d’antenne pour feindre une influence qui s’effrite.
Quant à ses prétendues révélations censées tout faire exploser, matérialisées par des audios fantômes dont personne n’a jamais vu la moindre preuve, l’effet de manche s’épuise. À force de promettre un séisme et de ne produire que du vent, on lasse définitivement le public. En politique comme ailleurs, la révélation indéfiniment différée finit toujours par trahir la mise en scène.
Lorsqu’un responsable politique parvient à susciter une telle défiance dans des milieux aux intérêts et sensibilités pourtant opposés, il ne s’agit plus d’un simple revers : c’est le signe d’une figure définitivement prisonnière de sa propre caricature.
Alors, poursuis donc ton numéro d’illusionniste sans cartes ni lapin dans le chapeau. Continue à gesticuler, à invectiver et à multiplier les artifices. Le public guinéen, lui, observe, compare et prend des notes.
Et, comme dans tout spectacle qui s’éternise, le rideau finit toujours par tomber.
