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Pays riche mais population pauvre : il y a-t-il une malédiction des ressources en Guinée ? (Par M. L. Camara, MOLAC)

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Malgré toutes les richesses naturelles dont il abonde, notre pays, la Guinée demeure l’un des plus pauvres de la planète. En effet, elle a toujours impressionné le monde par ses contrastes saisissants. Malgré les revenus croissants dégagés par l’exploitation de ses ressources et par les milliards générés par de grands projets d’investissements, la Guinée continue à vivre en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 5 dollars par habitants par jour.

Ces immenses richesses n’ont jamais permis l’émergence économique du pays. Force est de constater que malgré le fait d’être citée parmi les grands pays producteurs de minerais, la Guinée est moins diversifiée comparée d’autres qui sont moins bien nantis. C’est le cas par exemple de l’Ile Maurice et, plus récemment, de l’Éthiopie qui a amorcé un décollage remarquable, grâce à l’accent mis sur le secteur manufacturier. Notre Guinée est trop dépendante de ressources minières, elle est tributaire de rentes et donc très vulnérables aux cycles des prix de matières premières notoires pour des trajectoires souvent aléatoires.

Une analyse très poussée peut nous amener à affirmer d’ailleurs que ces richesses sont en fait « une malédiction » qui gangrène la Guinée et les Guinéens, car elles ont souvent été sources

de crises et de tensions, en raison notamment de la corruption, des crises politiques à répétitions liées à la soif du contrôle des richesses et des contrats obscurs, dont seuls nos différents chefs d’états et les grandes sociétés ont le secret. D’après cette même analyse, il n’est donc pas étonnant que l’exploitation des ressources naturelles n’ait eu que très peu de retentissement sur le quotidien de la population guinéenne pendant qu’une petite poignée de proches du pouvoir en a largement profité pour enrichir toute leur descendance.

Il faut tout de même reconnaître que sous la pression de la rue pour plus d’équité dans le partage des richesses et des demandes grandissantes pour plus de transparence sur la gestion des rentes et des contrats, il devient de plus en plus difficile aujourd’hui pour nos gouvernements de justifier le sur-place économique et social. Ainsi, notre pays vient de sauter le pas, pour mettre en chantier de vastes programmes de transformation économique, visant à sortir la Guinée de la spirale infernale du sous-développement. Les piliers de ces programmes ont pour bases essentielles, la recherche d’une répartition plus équitable du gâteau mais pas tout à fait de l’industrialisation qui utilise les atouts naturels, dont l’agriculture et les minerais.

Il est donc temps pour la Guinée d’envoyer des missions d’observation au Ghana, en Cote d’Ivoire, au Congo et en Tanzanie. Là-bas, les plans de développement nationaux comptent désormais promouvoir les filières industrielles et agricoles qui ajoutent de la valeur aux matières premières. C’est ça aussi le rôle de la diplomatie qui d’ailleurs jusqu’à preuve de contraire, je continue à soutenir l’idée de ses roux actuelles dégonflées. Faut-il s’en réjouir ou la redouter ?

Ces dernières années, un phénomène inquiétant d’accaparement des terres a même pris de l’ampleur, souvent au détriment de l’agriculture familiale, faisant craindre des risques d’injustice, de conflits, et de violence à l’égard des communautés paysannes, et à terme, à des risques politiques, en raison de la déstabilisation du tissu social qui peut en résulter. Notamment à cause de ses richesses minières, la Guinée a été longtemps spoliée par les exploitants miniers.

De nos jours, la sécurité énergétique doit demeurer plus que jamais au cœur des enjeux géopolitiques de notre existence. Avant tout, il s’agira désormais d’asseoir sa souveraineté et la maîtrise de ses sources d’approvisionnement.

La Chine n’a-t-elle d’ailleurs pas été pointée du doigt pour ses accords ‘en nature’ avec certains pays Africains ?

En échange de financement pour l’infrastructure, un certain nombre de pays, ont accepté de payer leurs dettes sous forme de barils de pétrole ou de minerais stratégiques, dont certains sont nécessaires pour l’industrie des énergies renouvelables.

«Nous devons garder à l’esprit, que La TERRE à elle seule n’est pas une ressource renouvelable».

Les sols sont une ressource limitée, ce qui signifie que leur perte et leur dégradation ne sont pas récupérables au cours d’une vie humaine. Les sols constituent une composante essentielle des ressources terrestres, du développement agricole et de la durabilité écologique, ils sont à la base de la production alimentaire (humaine et animale), ainsi que de nombreux services écosystémiques essentiels. Ils représentent par conséquent une ressource naturelle très précieuse, même si elle est souvent négligée.

Mohamed Lamine CAMARA (MOLAC)

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