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Petit Barry écrit sur Sékou Touré : « le Fils du Peuple » était un « Tyran et Destructeur d’hommes »

Dans son livre intitulé : « Camp Boiro, sept ans sous le mont Gangan », le doyen Mamadou Bowoi Barry, dit ‘’Petit Barry’’, plonge les lecteurs dans l’univers carcéral où il a vécu pendant près de sept ans et demi sous le régime du premier président de la République de Guinée, le camarade Ahmed Sékou Touré. Un univers dans lequel il voit, de très près, la mort le guetter chaque jour. Mais, c’est aussi dans ce monde où sa vie ne tient qu’à un mince espoir- maintenu en partie par le doux parfum des souvenirs de sa jeune fiancée de 21 ans- qu’il découvre que le « Fils du peuple (Sékou Touré) » dont il ventait les louanges à « La voix de la révolution » était en fait un « Tyran » et un « Destructeur d’hommes » déguisé en bon samaritain. « Cette montagne sorcière, qui se nourrit de sang d’hommes, attend ses prochaines victimes », parle-t-il ainsi du mont Gangan, une montagne au pied de laquelle on exécutait les détenus politiques.

En effet, Mamadou Bowoi Barry, dit ‘’Petit Barry’’, est actuellement un consultant international indépendant, analyste politique et expert en démocratie et gouvernance. Il est auteur de plusieurs articles et études sur les défis de la Transition démocratique en Afrique.

Au temps de la première République en Guinée, notamment entre 1965 et 1971, Mamadou Bowoi Barry, dit ‘’Petit Barry’’, avait occupé successivement les fonctions de Chef de division à la direction générale de la coopération internationale (au ministère des Affaires Étrangères), Directeur de la chaîne internationale de « La Voix de la Révolution (Radiodiffusion nationale de la République de Guinée)’’, Directeur du Bureau de presse du Président de la République, Député, membre de l’Assemblée nationale, Professeur (pro bono) à l’Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry (IPGAN).

Suite à l’agression portugaise du 22 novembre 1970 contre la Guinée, Petit Barry (à l’instar de nombreux autres cadres guinéens) a été arrêté et jeté en prison. Il passera près de 7 ans et demi (du 14 juin 1971 au 22 novembre 1978) au sinistre Camp Boiro (à Conakry) et dans son annexe du camp de Kindia (situé à 135 kilomètres de Conakry).

Après sa libération, Mamadou Bowoi Barry s’est envolé pour la Hongrie avec une ‘’bourse médicale’’. Et, après un séjour médical de six mois à Budapest, Petit Barry décide de ne plus rentrer en Guinée. Il obtient un poste de fonctionnaire international à l’Office des Nations Unies de Vienne (Autriche) et au Secrétariat des Nations Unies à New York, deux sièges des Nations Unies où il servira pendant 15 ans (de 1980 à 1995). De 1996 à 2010, le système des Nations Unies en général (et le Programme des Nations Unies pour le développement en particulier), ainsi que la Commission Européenne, le recruteront comme Conseiller en matière de gouvernance auprès d’une quinzaine de pays africains.

Aujourd’hui, il est marié et père de sept (7) enfants (dont quatre vivants). Et, dans son livre « Camp Boiro, sept ans sous le mont Gangan », le doyen Mamadou Bowoi Barry décrit les horreurs carcérales du régime Sékou Touré. Il parle aussi de comment il a découvert que « le fils du peuple (nom qu’il avait aimablement donné à Sékou Touré dans une de ses émissions à la voix de la révolution) » était un « tyran » sanguinaire, un « destructeur d’hommes » qui n’a aucune once de pitié.

Les évènements qui sont contés dans ce livre se déroulent presque tous dans la prison civile de Kindia, au pied du mont Gangan (qui culmine à 1 117 mètres d’altitude) où se trouvait le camp d’entraînement des soldats de la première région militaire, sise au Camp Kémè Boureima de Kindia.

« Des vautours -oiseaux charognards et grands rapaces à la tête et au cou dénudés qui se nourrissent de cadavres d’animaux ou d’êtres humains- qui symbolisent la mort, volent au-dessus de la montagne au pied de laquelle on a l’habitude d’exécuter les détenus politiques qui sont enfouis dans des fosses communes. Les Vautours sont considérés comme des augures qui annonçaient des malheurs. Leur présence aux environs de la prison terrifiait les détenus, car c’était l’annonce d’exécutions sommaires extrajudiciaires », écrit Mamadou Bowoi Barry.

Également, dans ce livre, Petit Barry présente en contraste aux lecteurs les portraits de quelques belles et nobles figures de la ‘’Guinée nouvelle’’, des hommes dignes et humbles qui ont apporté une contribution inestimable à l’avènement d’un pays libre et fier, mais dont les corps restent tous enfouis dans des fosses communes.

A noter que ce livre est le premier d’une série sur le « Camp Boiro ». Il sera suivi (si Dieu le veut bien) d’autres livres dont les titres sont déjà connus. Il s’agit de :

Livre II intitulé : « Veillée sous le Mont Gangan avec Samba Diallo »,

Livre III « Du Mont Gangan au Mont Kakoulima

Sept ans après : Retour au Camp Boiro »

Livre IV : « L’agression portugaise du 22 Novembre 1970 contre la République de Guinée. Et si Sékou Touré savait tout… ou presque tout ? »

Livre V : « Sékou Touré tel que je l’ai connu »

Livre VI : « Poèmes de prison : Epines-1971-1978) ;

Livre VII : « Mémoires de mon enfance foutanienne et de ma jeunesse africaine ».

À suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

In. https://guineematin.com/2022/08/19/petit-barry-ecrit-sur-sekou-toure-le-fils-du-peuple-etait-un-tyran-et-destructeur-dhommes/

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