Contre La sansure

Pour la énième fois nous invitons les forces vives à proposer plutôt qu’à organiser des manifestations.

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Le budget gouvernemental du chronogramme de la transition guinéenne nous offre une nouvelle occasion pour suggérer, la énième fois, aux forces vives guinéennes d’accepter d’aller autour de la table de dialogue organisé par les autorités de la transition, ne serait-ce que pour démontrer qu’il est possible, en seulement 10 à 12 mois, de favoriser le retour à l’ordre constitutionnel.

C’est un acteur de la société civile qui nous a offert une copie du document préparé par le gouvernement guinéen, appelé Budget gouvernemental du chronogramme de la transition guinéenne. Ledit document, diffusé par la Conférence des Coalitions Politiques et Faitières, dont les principaux dirigeants sont l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté (Porte parole), Bah Oury, Faya Millimono, etc., donne des arguments pour couper de moitié ou, à tout le moins, un tiers, la manne financière requise par les autorités de la transition.

Selon ce document, le montant minimal que le CNRD et son gouvernement souhaiteraient avoir est de 5167,5 milliards de francs ; Ils jugent qu’au maximum, il leur faudrait 5812,5 milliards. Ce, parce qu’en examinant ce budget et les actions à réaliser, on se rend compte que les 3 premiers points consistent à recenser la population et qu’il est possible avec seulement le RGPH (Recensement général de la population et de l’Habitat), prévu au point 1, de faire l’établissement du fichier électoral, prévu au point 3. Quand au second point, le plus coûteux des opérations, il n’est pas indispensable pour l’organisation des différentes élections prévues qui, elles-mêmes, pourraient être regroupées en deux phases.

Par ailleurs, le recensement et le vote des guinéens de la diaspora, en tenant compte des expériences du passé notamment en Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Gambie, Mali et au Sénégal, tous frontaliers à la Guinée, où sont établis des millions de guinéens, potentiels électeurs des partis des forces vives, particulièrement de l’UFDG, on pourrait s’en passer, tout simplement parce que c’est à peine 10 % qui ont la chance d’être inscrits. Mais si ces votes étaient nécessaires, pourquoi ne pas considérer les RGPH effectués en 2022, il y a moins d’un an, dans ces pays ?

Surfacturations

Pour les opérations prévues aux points 4 (élaboration et vulgarisation d’une nouvelle constitution)  5 (scrutin référendaire) et 6 (élaboration des textes et lois organiques), cela ne nécessite pas autant de milliards de FG ou de millions de dollars US. Il n’y a qu’à adapter les textes de 2010 (Constitution et lois organiques) dont certains auteurs occupent les premiers rôles au niveau du CNT d’aujourd’hui : Dansa Kourouma (Président) et Mohamed Aly Thiam, (président de la Commission constitution, lois organiques, administration publique et organisation judiciaire).

Les membres du gouvernements et la quasi totalité de ceux du CNT souhaitent un glissement. Si jamais les élections ne sont pas organisées, les forces vives doivent faire des propositions concrètes pour leur remplacement en décembre 2024.

 

Dans le soucis de bien gérer les biens de l’État, ces milliards ne devraient-ils pas être affectés aux services de Santé et d’Éducation plutôt qu’à organiser des séminaires et voyages d’études inutiles ? En quoi un voyage d’études au Rwanda, qui est loin d’être un modèle de démocratie, peut-il aider à la rédaction d’une constitution ? En un mois, de vrais patriotes peuvent proposer une constitution et des lois organiques favorables au développement démocratique, sans avoir à quitter Conakry.

Un ou deux scrutins

Faut-il envisager un ou deux scrutins comme semble le préconiser le gouvernement de transition ? Ne faudrait-il pas envisager, l’expérimentation du mode de scrutin unique, qui permettrait de faire élire le même jour les responsables aux niveaux des quartiers, districts, communes, régions et national ? Selon un spécialiste, « il est possible de le faire. Et pour cela, dans chaque quartier et/ou secteur, on fera un bulletin sur lequel seront identifiés les têtes de listes pour chacun des niveaux… Tous les partis ou coalitions n’auront pas les moyens financiers et humains pour y figurer. Ainsi, c’est dès la base, quartier et/ou secteur que la tendance va être connue ».

Mais pour un autre, « la proposition du gouvernement semble être plus facile. On n’a qu’à élire dans un premier temps les conseils communaux et régionaux. Ensuite, organiser la présidentielle, les législatives en y ajoutant les quartiers et/ou secteurs. Ce qui permettra de faciliter la surveillance de l’élection pour obtenir la vérité des urnes. L’essentiel, c’est que Cellou Dalein Diallo, le RPG AEC, Sidya Touré, Lansana Kouyaté et tous ceux qui croient en leurs chances se réveillent et fassent des propositions par rapport au Budget prévisionnel du gouvernement pour la transition… En tout cas, cela vaut mieux que chercher à organiser des manifestations ou à courir après les autorités, car celles-ci ont leurs propres plans pour les éliminer« .

La rédaction de guinafnews.org

 

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