Pour le PM Bernard Goumou, « c’est quand on échange qu’on peut trouver solutions à nos problèmes ».

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Dans sa  Déclaration de politique générale, il a rappelé que son gouvernement a « adressé cinq lettres aux coalitions qui n’ont toujours pas encore rejoint le Cadre de dialogue inter-guinéen. Moi même je me suis déplacé pour aller au sein de leurs sièges, pour les amener à échanger avec nous et que toutes les questions étaient les bienvenues, qu’il n’y aura pas de sujet tabou.» Mais ce qu’il n’a dit, c’est que les exigences de ces coalitions ont été ignorées par le CNRD, son gouvernement et leurs alliés politiques et sociaux.

Ces derniers, sans réel poids sociopolitique, sont néanmoins parvenus à dérouter le camion Guinée de la voie des réformes promises le 5 septembre 2021, dans l’espoir, comme lors de la transition de 2010, sous le Général Sékouba Konaté, de favoriser l’un des leurs pour être le prochain président de la république au cas où la candidature du Colonel Mamadi Doumbouya ne serait pas agréée par la Cedeao et le reste de la communauté internationale.

Le tombeur d’Alpha Condé va-t-il réaliser qu’il fait rouler trop vite le camion Guinée sur cette mauvaise voie, qui conduit dans un ravin ressemblant fort à ceux dans lesquels Sékou Touré, Lansana Conté et Alpha Condé l’ont conduit, chacun durant son règne ? Va-t-il avoir l’ivresse du pouvoir qui avait conduit Moussa Dadis Camara, après avoir mené un coup d’État inutile, a été tenté de confisquer le pouvoir par les armes, en mettant les siens à tous les postes de commandement du pays ? Ou alors, va-t-il suivre les pas de Sékouba Konaté pour transmettre le pouvoir à quelqu’un de sa région et de son ethnie, par le biais d’élections aux résultats préfabriquées sous la direction du Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation ?

Le Trio, le FFSG et autres doivent être présents au Cadre du dialogue

Dans son discours, Bernard Goumou a souligné qu’il « profite à nouveau de cette occasion pour tendre la main à nos frères qui hésitent encore, parce que, c’est quand on échange qu’on peut trouver solutions à nos problèmes.» Le CNRD est-il réellement ouvert pour un dialogue réel et sans tabous ? Le PM Goumou et son équipe qui renvoient tout au Colonel Mamadi Doumbouya « Chef d’État… Chef de… Chef de… comme sous Sékou Touré, Lansana Conté, Moussa Dadis Camara et Alpha Condé, avec les résultats et leurs conséquences que l’on a connus et subis, vont-ils être à l’écoute des populations qui, majoritairement tirent le diable par la queue ?

Le Trio, le FFSG et autres doivent être présents au Cadre du dialogue où ils pourraient être mieux entendus et compris. Plus d’une fois, guinafnews.org et ses analystes et commentateurs ont privilégié cette voie plutôt que celle de se mettre de côté en attendant de meilleurs vents pour hisser leurs voiles de propositions. C’est ce qu’elles auraient dû faire depuis le 3 juillet dernier lorsque, à l’issue de la rencontre des Chefs d’États et de délégation a indiqué que : « la Conférence réitère sa décision relative au calendrier de transition de 36 mois annoncé par les Autorités Guinéennes jugé inacceptable ». qu’elle « prend acte de la décision des Autorités de la Transition d’initier un dialogue national qui a débuté le lundi 27 juin 2022 sous l’égide du Premier Ministre« , en demandant « au médiateur de travailler avec les Autorités Guinéennes en vue de parvenir à un calendrier de la Transition acceptable pour la CEDEAO au plus tard le 1er aout 2022. Passé ce délai, des sanctions économiques et financières ainsi que des sanctions ciblées contre des individus ou des groupes entreront immédiatement en vigueur ».

Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et les dirigeants du RPG AEC ont tout à gagner en allant poser les problèmes qu’ils veulent voir réglés dans ce Cadre de dialogue. À travers un mémorandum de propositions, qui tiennent compte des 10 points identifiés par le gouvernement du CNRD et leurs conseillers, ils peuvent arriver à ce Cadre permanent, où ils pourront mieux être entendus par la Cedeao. Mais en restant en dehors du terrain où, comme lors des législatives qui avaient été couplées au referendum constitutionnel du 22 mars 2020 avec la nomination des députés par le RPG AEC.

Ibrahima Sory BALDÉ 

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