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Réfugiés : 75 ans après, la Convention tient bon face aux vents du repli

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Migrants et réfugiés

Dans un monde où certaines frontières tentent de se fermer et où les discours contre l’asile gagnent du terrain, la Convention relative au statut des réfugiés fête ses 75 ans sans avoir perdu sa raison d’être. Pour l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, ce texte né des ruines de la Seconde Guerre mondiale reste une ligne de défense essentielle pour des millions de personnes contraintes de fuir la guerre, les persécutions ou la violence.

Alors que la Convention fête son 75e anniversaire, la pression sur les systèmes d’asile n’a jamais été aussi forte. En 2025, plus de 130 conflits armés étaient recensés dans le monde par le Comité international de la Croix-Rouge, tandis que 41,6 millions de réfugiés demeuraient déracinés.

S’exprimant devant les journalistes à Genève, la Directrice de la protection internationale au HCR note que même dans un contexte de débat de plus en plus polarisé, le soutien de l’opinion publique en faveur de l’asile reste fort. Selon une enquête Ipsos menée dans 29 pays, environ deux tiers des personnes interrogées considèrent que celles qui fuient la guerre ou les persécutions doivent pouvoir demander refuge.

La réalité demeure cependant contrastée. Près de 70 % des réfugiés sont accueillis par des pays à faibles ou moyens revenus, souvent confrontés à leurs propres difficultés économiques et sociales. Et sept réfugiés sur dix vivent en exil depuis au moins cinq ans.

Trois hommes assis à une longue table signent des documents lors de la cérémonie de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés à Genève, d'autres officiels se tenant derrière eux.
La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés est signée à Genève, en Suisse, le 1er août 1951. © Arni/ Archives de ONU

 

Le HCR rejette l’idée d’une Convention sur les réfugiés dépassée

Mais derrière ces chiffres se dessine un autre constat : la crise de l’accueil ne remet pas seulement en cause les capacités des États, elle alimente aussi un débat sur la pertinence même du cadre juridique international établi il y a 75 ans.

Pour le HCR, les tensions actuelles ne rendent pas la Convention obsolète, elles confirment au contraire sa nécessité.

« Certains affirment que la Convention n’est plus adaptée au monde globalisé d’aujourd’hui, caractérisé par des flux migratoires mixtes et des systèmes d’asile surchargés. Nous ne partageons pas cet avis », a déclaré Elizabeth Tan.

Une façon de rappeler que le texte demeure le cadre commun permettant aux États d’identifier les personnes ayant besoin d’une protection internationale, tout en garantissant le principe de non-refoulement vers des pays où elles risqueraient persécutions, torture ou graves violations des droits humains. Des procédures d’asile équitables et efficaces restent indispensables pour protéger les réfugiés, soutenir les sociétés d’accueil et préserver la confiance dans le système.

Face au double défi des frontières et du financement

Au-delà de son rôle juridique, le HCR rappelle que la Convention demeure donc un outil opérationnel pour répondre aux tensions actuelles autour de l’asile, en conciliant le contrôle des frontières et l’obligation de protection.

A cet égard, l’agence onusienne entend renforcer son action aux côtés des États et de ses partenaires afin d’améliorer les capacités d’accueil et de garantir des décisions d’asile plus rapides et plus fiables. Un système crédible suppose aussi que les personnes ne relevant pas de la protection internationale puissent être renvoyées dans des conditions sûres et dignes.

Mais la gestion des frontières ne peut se faire au détriment du droit d’asile : les refoulements et les refus d’accès compromettent les garanties prévues par la Convention.

Par ailleurs, cette mission est aujourd’hui fragilisée par une crise de financement, le HCR n’ayant reçu que 31 % des fonds nécessaires à la fin juin.

Sur une photographie historique, un groupe d'hommes, certains coiffés de chapeaux, se tiennent derrière une barrière en béton.
 Des Juifs sollicitant des visas devant le consulat japonais à Kaunas, en Lituanie. Photo : NPO Chiune Sugihara Visas For Life

 

De l’après-guerre aux crises actuelles, 75 ans de protection des réfugiés

Au cours des sept décennies et demie qui se sont écoulées depuis, la Convention a constitué une bouée de sauvetage pour les personnes fuyant les conflits et les persécutions, qu’il s’agisse de l’Europe d’après-guerre, des guerres de libération nationale à travers l’Afrique, des guerres d’Indochine et des dictatures militaires en Amérique latine, ou encore des crises plus récentes en Afghanistan, en Syrie, en Ukraine et au Soudan.

Mais son influence ne se mesure pas seulement au nombre d’États qui l’ont adoptée : depuis sa création, la Convention a aussi évolué pour répondre aux nouvelles formes de persécution et aux crises contemporaines.

Ratifiée par 149 États, la Convention et son Protocole de 1967 restent le socle juridique de la protection des réfugiés. Leur principe clé, le non-refoulement, interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle serait exposée à des persécutions ou à de graves atteintes aux droits humains. Au fil du temps, ce cadre a su intégrer de nouveaux enjeux, du genre aux déplacements liés aux crises climatiques.

Pour le HCR, ses 75 ans appellent à renouveler l’engagement en faveur de l’asile et de la solidarité internationale. Il s’agit de « protéger ceux qui sont contraints de fuir et à maintenir l’asile à la disposition de ceux qui en ont besoin », a insisté Mme Tan.

Source: https://news.un.org/fr/story/2026/07/1159208

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