Contre La sansure

Retrait de la Cedeao du Burkina Faso, du Mali et du Niger : la lecture de Bah Oury

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Dans une interview qu’il a accordée à africaguinée.com (*) Bah Oury, président de l’UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée) a analysé la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de se retirer de la CEDEAO et proposé des pistes de solutions pour une refondation profonde de cette organisation ouest-africaine.

Pour lui, « les attitudes de la CEDEAO vis-à-vis du coup d’Etat anticonstitutionnel que le président Alpha Condé a cru réussir en dépit des violations flagrantes des dispositions aussi bien de la charte de l’union africaine en ce qui concerne la gouvernance, la paix, la démocratie et des élections que des dispositions de la CEDEAO, ont été la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et donc, avec la multiplicité des coups d’Etat, un sentiment souverainiste et anti-CEDEAO est cristallisé pour soutenir des régimes qui ont rompu l’ordre constitutionnel dans le pays. »

Bah Oury ajoute : « Tout cela il y a un populisme orienté pour l’affirmation d’un certain souverainisme qui amène à être assujetti à une influence extérieure qui ne correspond pas avec des aspirations et des attentes des populations africaines et ça, c’est quelque chose de très grave. C’est la raison pour laquelle j’ai dit que ces pays vont s’isoler, ils vont être embarqués dans une logique de confrontation idéologiques qui n’a rien avec les contradictions inter-africaines ou les contradictions dans nos sociétés. »

Estimant que « ce qui se passe aujourd’hui dans le sahel avec cette mentalité dite souverainiste « panafricaniste » c’est une situation que la Guinée a connu dans le contexte du début de l’indépendance avec la confrontation des deux blocs Est et Ouest. Nous en avons eu des expériences, nous avons vu les méfaits de cela dans nos réalités et dans notre destin et c’est la raison pour laquelle si vous remarquez bien, la Guinée dans une large mesure est en marge par rapport à ce courant qui essaie de faire chemin dans le sahel.« , Bah Oury croit que « la CEDEAO est devant une situation où il faut une nouvelle étape pour les Etats eux-mêmes. Par conséquent, il faut la construction d’une véritable Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest qui est tournée vers la satisfaction des ambitions des Etats africains que des populations africaines. Ceci nécessite un nouveau leadership au niveau des Etats africains et de nouveaux leaderships nationaux qui réagissent sur l’orientation de la CEDEAO. Malheureusement les leaderships nationaux dans le contexte actuel sont en pannes. »

Khady THIAM

 

(*) https://www.africaguinee.com/retrait-de-burkina-mali-et-niger-de-la-cedeao-les-verites-crues-de-bah-oury-sur-les-lacunes-du-bloc-ouest-africain/

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